<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>sleepy's reflexions</title>
	<atom:link href="http://rozenn.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://rozenn.wordpress.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 29 Sep 2006 01:33:12 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<cloud domain='rozenn.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://www.gravatar.com/blavatar/e6c5929794ac88aefb9bc7cd06b68e99?s=96&#038;d=http://s.wordpress.com/i/buttonw-com.png</url>
		<title>sleepy's reflexions</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com</link>
	</image>
			<item>
		<title>Moi</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/29/moi/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/29/moi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 29 Sep 2006 00:23:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mes rêves]]></category>
		<category><![CDATA[Moi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/29/moi/</guid>
		<description><![CDATA[Il est tard, je n&#8217;ai pas sommeil&#8230; Envie d&#8217;écrire un article&#8230; et puis il faut bien remplir ce blog de temps en temps ! 
Ce soir nous avons fêté l&#8217;anniversaire de mon frère Guillaume. Il a eu 24 ans. Délicieux repas. Mais surtout, un cadeau&#8230; comment dire ? Pas banal ! Un voyage en Guyane. C&#8217;est [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=4&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="left"><em>Il est tard, je n&#8217;ai pas sommeil&#8230; Envie d&#8217;écrire un article&#8230; et puis il faut bien remplir ce blog de temps en temps ! </em></p>
<p align="left"><em>Ce soir nous avons fêté l&#8217;anniversaire de mon frère Guillaume. Il a eu 24 ans. Délicieux repas. Mais surtout, un cadeau&#8230; comment dire ? Pas banal ! Un voyage en Guyane. C&#8217;est un beau cadeau&#8230; pour un &#8220;simple&#8221; anniversaire ! </em></p>
<p align="left"><em>Il y a quelques jours je me demandais ce que j&#8217;allais bien pouvoir demander, moi, pour le mien. Dans deux mois. J&#8217;ai trouvé !</em></p>
<p align="left">Je ne me souviens pas de mon enfance. Il n&#8217;est pas un détail qui me revienne clairement, tout au plus je me fais quelque idée d&#8217;un événement dont on m&#8217;a parlé&#8230; photos à l&#8217;appui.</p>
<p align="left">Cependant, quand je ferme les yeux je revois cette carte postale&#8230; dans son cadre jaune. Bleutée, souriante&#8230; non, conquérante, toujours bien coiffée, très soignée mais humble. Elle ne me regardait pas spécialement, elle ne m&#8217;attendait même pas. Pourtant j&#8217;en rêvais, moi, de cette statue.</p>
<p align="left">New-York ou la Liberté. L&#8217;autre monde pour tout dire. La destination dont on rêve sans jamais oser croire qu&#8217;un jour elle vous tendra les bras.</p>
<p align="left">Des années à rêver. D&#8217;y aller ? Mais non voyons, c&#8217;est impossible. Non, rêver seulement. Fermer les yeux, la dessiner, l&#8217;habiller, la décorer&#8230; Comment cela peut-il bien être en vrai ? Sont-elles vraiment aussi hautes que dans les livres ces tours ? Combien de temps peut-on bien passer dans les rayons d&#8217;un magasin de jouets de cinq étages ?</p>
<p align="left">Et puis un jour, le rêve devient réalité&#8230; Pince-moi, je rêve&#8230; je suis à New York ! Pince-moi, je rêve, je suis allée là-bas&#8230; Six ans déjà. Comme le temps passe vite !</p>
<p align="left">Ce soir je vais m&#8217;endormir heureuse: j&#8217;ai trouvé mon cadeau !</p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/4/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/4/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/4/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=4&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/29/moi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>N&#8217;aie pas peur Mano&#8230; suite</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/20/naie-pas-peur-mano-suite-3/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/20/naie-pas-peur-mano-suite-3/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2006 23:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Des histoires]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/20/naie-pas-peur-mano-suite-3/</guid>
		<description><![CDATA[
Quel personnage étrange ce Jacob! Mano savait qu&#8217;il ne fallait pas juger les gens à leurs apparences, mais elle avait beau se forcer, rien ne finissait par la faire penser que cet homme là était brave. Oh! Bien sûr son travail, autant que sa détermination, était irréprochable. Mais il avait ce petit quelque chose dans [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=41&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/Playmobil%20Ferme%20046.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Playmobil%20Ferme%20046.jpg" /></a></p>
<p align="justify">Quel personnage étrange ce Jacob! Mano savait qu&#8217;il ne fallait pas juger les gens à leurs apparences, mais elle avait beau se forcer, rien ne finissait par la faire penser que cet homme là était brave. Oh! Bien sûr son travail, autant que sa détermination, était irréprochable. Mais il avait ce petit quelque chose dans son attitude qui attirait sur lui les regards les plus méfiants, quand ils n&#8217;étaient pas accusateurs. Jamais encore Mano n&#8217;avait vu ses yeux. Il ne l&#8217;avait jamais regardée, il ne lui avait jamais parlé, c&#8217;était à ce demander s&#8217;il savait que la maisonnée l&#8217;avait accueillie pour les vacances.</p>
<p align="justify">Toujours levé avant le chant du coq, Jacob commençait chacune de ses journées par un petit déjeuner qui ne lui prenait guère plus de cinq minutes. Faisant craquer les marches des escaliers sous ses pas, il réveillait toujours Mano qui, bien qu&#8217;affamée, ne se levait pas avant d&#8217;être sûre qu&#8217;il était sorti. Dès lors qu&#8217;elle l&#8217;entendait crier après les cochons, elle descendait à la cuisine prendre, à son tour, un rapide petit-déjeuner.</p>
<p align="justify"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/Playmobil%20Ferme%20047.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Playmobil%20Ferme%20047.jpg" /></a></p>
<p align="justify">Ewan n&#8217;était pas un méchant garçon. Mano le trouvait très drôle quand il jetait de la farine sur le dos de Tempête ! Jamais il ne lui aurait fait de mal, il s&#8217;imaginait juste, pour quelques minutes, que le sauvageon était une bête surgie des ténèbres ! Elle riait avec lui&#8230; de bon coeur, son ventre finissait même par lui faire mal ! Mais un jour, ces crampes perdirent de leur sympathique raison d&#8217;être&#8230; elle riait des bêtises d&#8217;Ewan, toujours, mais elle ne pouvait chasser de son esprit le bruit des coups qui, inévitablement, retentiraient dans la cours quelques heures après, une fois la nuit tombée.</p>
<p align="justify">Elle le détestait ce personnage&#8230; elle en était sûre désormais. <em>Il le tenait si fort ce fouet&#8230; </em>Les cochons sont gourmands, ils ne cessent jamais de manger, rien ne les distrait. <em>Aïe, s&#8217;il te plaît, je ne recommencerai pas&#8230;</em> Les lapins ont des yeux qui toujours semblent vous dire qu&#8217;ils vous seraient reconnaissants d&#8217;ouvrir leur cage pour qu&#8217;ils puissent voir ailleurs si la salade est meilleure. Ils appellent, ils vous supplient, jamais personne ne les entend. <em>Aïe, s&#8217;il vous plaît Petit Jésus&#8230; Je croirai ce que vous voudrez&#8230; </em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Mano voyait tout. Elle pleurait. Elle pleurait seulement. Elle ne bougeait pas. Ewan était un petit garçon courageux, il lui adressait toujours un sourire. <em>N&#8217;aie pas peur Mano&#8230;</em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><em><span style="color:#ff6666;">Chère Maman, cher Papa,<br />
Quelques minutes entre deux rires pour vous envoyer cette petite lettre. Le temps passe si vite, je n&#8217;ai pas le temps de m&#8217;ennuyer. Je m&#8217;amuse toujours autant à la ferme, Ewan fait beaucoup de bêtises, heureusement tout se termine dans la bonne humeur.<br />
Je vais bien, je mange bien et je dors bien. Vous me manquez, je pense à vous très fort,<br />
Je vous embrasse,<br />
A très vite, </span></em></p>
<p align="justify"><em><br />
<span style="color:#ff6666;">Mano</span></em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/Travaux%20??t??"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Travaux%20%3F%3Ft%3F%3F%202006.0.jpg" /></a></p>
<p align="justify">Quels rires ? Quelle bonne humeur ? Il faisait noir dans le placard, et c&#8217;est à peine si Mano pouvait respirer. Sortir ? Pas question. Les coups de fouet lui semblaient moins fort de là-haut, et puis bientôt il reviendrait la chercher. Le matin même elle ne l&#8217;avait pas entendu monter. Elle l&#8217;avait alors suivi sans rien dire, sans avoir pu cacher sa peluche. Pourvu qu&#8217;il n&#8217;ait pas compris, pensa-t-elle, je ne saurais lui expliquer.</p>
<p align="justify"><em>&#8220;Il ne me trouvera pas dans le placard&#8230; n&#8217;aie pas peur&#8230; cette fois je te cacherai bien, tu n&#8217;auras pas à dormir par terre.&#8221;</em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:78%;color:#ff0000;">AVERTISSEMENTCe blog n&#8217;est pas la propriété de Geobra Brandstätter Gmbh &amp; Co , il n&#8217;est ni exploité, ni sponsorisé, ni autorisé par Geobra Brandstätter Gmbh &amp; Co.Geobra Brandstätter Gmbh &amp; Co n&#8217;endosse pas la responsabilité et n&#8217;est pas responsable des informations et des liens contenus dans ce blog, ne donne aucune garantie concernant les produits et les liens vers ce site ou d&#8217;autres site web et n&#8217;est responsable en aucune façon des déclarations contenues dans ce blog ou qui émanent de son propriétaire ou des personnes qui exploitent le blog. Les marques commerciales PLAYMOBIL®, PLAYMOBIL®, SYSTEME X ®, PLAYMOBIL®, RC TRAIN®, PLAYMOBIL®, FUNPARK® et les visuels protégés de PLAYMOBIL® sont la propriété exclusive de Geobra Brandstätter Gmbh &amp; Co qui se réserve tous les droits y afférent.</span></p>
<p align="justify"><em><br />
</em></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/41/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/41/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/41/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/41/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/41/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=41&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/20/naie-pas-peur-mano-suite-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Playmobil%20Ferme%20046.jpg" medium="image" />

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Playmobil%20Ferme%20047.jpg" medium="image" />

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Travaux%20%3F%3Ft%3F%3F%202006.0.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Mon adorée&#8230;</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/mon-adoree/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/mon-adoree/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Sep 2006 18:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits de mes livres préférés]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/mon-adoree/</guid>
		<description><![CDATA[
Ma bonne, ma bonne, dit un jour Sophie en accourant dans sa chambre, venez vite ouvrir une caisse que papa m&#8217;a envoyée de Paris ; je crois que c&#8217;est une poupée de cire, car il m&#8217;en a promis une. 

LA BONNE. — Où est la caisse ?
SOPHIE. — Dans l&#8217;antichambre : venez vite, ma bonne, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=39&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/039_39.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/039_39.jpg" /></a></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;color:#ff6666;font-family:times new roman;">Ma bonne, ma bonne, dit un jour Sophie en accourant dans sa chambre, venez vite ouvrir une caisse que papa m&#8217;a envoyée de Paris ; je crois que c&#8217;est une poupée de cire, car il m&#8217;en a promis une. </span></em></p>
<p><em><span style="font-size:130%;color:#ff6666;font-family:times new roman;"></p>
<p align="justify">LA BONNE. — Où est la caisse ?<br />
SOPHIE. — Dans l&#8217;antichambre : venez vite, ma bonne, je vous en supplie.<br />
La bonne posa son ouvrage et suivit Sophie à l&#8217;antichambre. Une caisse de bois blanc était posée sur une chaise ; la bonne l&#8217;ouvrit. Sophie aperçut la tête blonde et frisée d&#8217;une jolie poupée de cire ; elle poussa un cri de joie et voulut saisir la poupée, qui était encore couverte d&#8217;un papier d&#8217;emballage.<br />
LA BONNE. — Prenez garde ! ne tirez pas encore ; vous allez tout casser. La poupée tient par des cordons.<br />
SOPHIE. — Cassez-les, arrachez-les ; vite, ma bonne, que j&#8217;aie ma poupée.<br />
La bonne, au lieu de tirer et d&#8217;arracher, prit ses ciseaux, coupa les cordons, enleva les papiers, et Sophie put prendre la plus jolie poupée qu&#8217;elle eût jamais vue. Les joues étaient roses avec de petites fossettes ; les yeux bleus et brillants ; le cou, la poitrine, les bras en cire, charmants et potelés. La toilette était très simple : une robe de percale festonnée, une ceinture bleue, des bas de coton et des brodequins noirs en peau vernie.<br />
Sophie l&#8217;embrassa plus de vingt fois, et, la tenant dans ses bras, elle se mit à sauter et à danser. Son cousin Paul, qui avait cinq ans, et qui était en visite chez Sophie, accourut aux cris de joie qu&#8217;elle poussait.<br />
Paul, regarde quelle jolie poupée m&#8217;a envoyée papa ! s&#8217;écria Sophie.<br />
PAUL. — Donne-la-moi, que je la voie mieux.<br />
SOPHIE. — Non, tu la casserais.<br />
PAUL. — Je t&#8217;assure que j&#8217;y prendrai bien garde ; je te la rendrai tout de suite.<br />
Sophie donna la poupée à son cousin, en lui recommandant encore de prendre bien garde de la faire tomber. Paul la retourna, la regarda de tous les côtés, puis la remit à Sophie en secouant la tête.<br />
SOPHIE. — Pourquoi secoues-tu la tête ?<br />
PAUL. — Parce que cette poupée n&#8217;est pas solide ; je crains que tu ne la casses.<br />
SOPHIE. — Oh ! sois tranquille, je vais la soigner tant, tant que je ne la casserai jamais. Je vais demander à maman d&#8217;inviter Camille et Madeleine à déjeuner avec nous, pour leur faire voir ma jolie poupée.<br />
PAUL. — Elles te la casseront.<br />
SOPHIE. — Non, elles sont trop bonnes pour me faire de la peine en cassant ma pauvre poupée.</p>
<p align="justify">Le lendemain, Sophie peigna et habilla sa poupée, parce que ses amies devaient venir. En l&#8217;habillant, elle la trouva pâle. « Peut-être, dit-elle, a-t-elle froid, ses pieds sont glacés. Je vais la mettre un peu au soleil pour que mes amies voient que j&#8217;en ai bien soin et que je la tiens bien chaudement. » Sophie alla porter la poupée au soleil sur la fenêtre du salon.<br />
« Que fais-tu à la fenêtre, Sophie ? » lui demanda sa maman.<br />
SOPHIE. — Je veux réchauffer ma poupée, maman ; elle a très froid.<br />
LA MAMAN. — Prends garde, tu vas la faire fondre.<br />
SOPHIE. — Oh non ! maman, il n&#8217;y a pas de danger : elle est dure comme du bois.<br />
LA MAMAN. — Mais la chaleur la rendra molle ; il lui arrivera quelque malheur, je t&#8217;en préviens.</p>
<p align="justify">Sophie ne voulut pas croire sa maman, elle mit la poupée étendue tout de son long au soleil, qui était brûlant.<br />
Au même instant elle entendit le bruit d&#8217;une voiture : c&#8217;étaient ses amies qui arrivaient. Elle courut au-devant d&#8217;elles ; Paul les avait attendues sur le perron ; elles entrèrent au salon en courant et parlant toutes à la fois. Malgré leur impatience de voir la poupée, elles commencèrent par dire bonjour à Mme de Réan, maman de Sophie ; elles allèrent ensuite à Sophie, qui tenait sa poupée et la regardait d&#8217;un air consterné.</p>
<p align="justify">MADELEINE, regardant la poupée. — La poupée est aveugle, elle n&#8217;a pas d&#8217;yeux.<br />
CAMILLE. — Quel dommage ! comme elle est jolie !<br />
MADELEINE. — Mais comment est-elle devenue aveugle ! Elle devait avoir des yeux.<br />
Sophie ne disait rien ; elle regardait la poupée et pleurait.<br />
MADAME DE RÉAN. — Je t&#8217;avais dit, Sophie, qu&#8217;il arriverait un malheur à ta poupée si tu t&#8217;obstinais à la mettre au soleil. Heureusement que la figure et les bras n&#8217;ont pas eu le temps de fondre. Voyons, ne pleure pas ; je suis très habile médecin, je pourrai peut-être lui rendre ses yeux.<br />
SOPHIE, pleurant. — C&#8217;est impossible, maman, ils n&#8217;y sont plus.<br />
Mme de Réan prit la poupée en souriant et la secoua un peu ; on entendit comme quelque chose qui roulait dans la tête. « Ce sont les yeux qui font le bruit que tu entends, dit Mme de Réan ; la cire a fondu autour des yeux, et ils sont tombés. Mais je tâcherai de les ravoir. Déshabillez la poupée, mes enfants, pendant que je préparerai mes instruments. »</p>
<p align="justify">Aussitôt Paul et les trois petites filles se précipitèrent sur la poupée pour la déshabiller. Sophie ne pleurait plus ; elle attendait avec impatience ce qui allait arriver.<br />
La maman revint, prit ses ciseaux, détacha le corps cousu à la poitrine ; les yeux, qui étaient dans la tête, tombèrent sur ses genoux ; elle les prit avec des pinces, les replaça où ils devaient être, et, pour les empêcher de tomber encore, elle coula dans la tête, et sur la place où étaient les yeux, de la cire fondue qu&#8217;elle avait apportée dans une petite casserole ; elle attendit quelques instants que la cire fût refroidie, et puis elle recousit le corps à la tête.</p>
<p align="justify">Les petites n&#8217;avaient pas bougé. Sophie regardait avec crainte toutes ces opérations, elle avait peur que ce ne fût pas bien ; mais, quand elle vit sa poupée raccommodée et aussi jolie qu&#8217;auparavant, elle sauta au cou de sa maman et l&#8217;embrassa dix fois.</p>
<p align="justify">« Merci, ma chère maman, disait-elle, merci : une autre fois je vous écouterai, bien sûr. »<br />
On rhabilla bien vite la poupée, on l&#8217;assit sur un petit fauteuil et on l&#8217;emmena promener en triomphe en chantant :<br />
Vive maman ! De baisers je la mange. Vive maman ! Elle est notre bon ange.<br />
La poupée vécut très longtemps bien soignée, bien aimée ; mais petit à petit elle perdit ses charmes, voici comment.</p>
<p align="justify">Un jour, Sophie pensa qu&#8217;il était bon de laver les poupées, puisqu&#8217;on lavait les enfants ; elle prit de l&#8217;eau, une éponge, du savon, et se mit à débarbouiller sa poupée ; elle la débarbouilla si bien, qu&#8217;elle lui enleva toutes ses couleurs : les joues et les lèvres devinrent pâles comme si elle était malade, et restèrent toujours sans couleur. Sophie pleura, mais la poupée resta pâle.</p>
<p align="justify">Un autre jour, Sophie pensa qu&#8217;il fallait lui friser les cheveux ; elle lui mit donc des papillotes : elle les passa au fer chaud, pour que les cheveux fussent mieux frisés. Quand elle lui ôta ses papillotes, les cheveux restèrent dedans ; le fer était trop chaud, Sophie avait brûlé les cheveux de sa poupée, qui était chauve. Sophie pleura, mais la poupée resta chauve.</p>
<p align="justify">Un autre jour encore, Sophie, qui s&#8217;occupait beaucoup de l&#8217;éducation de sa poupée, voulut lui apprendre à faire des tours de force. Elle la suspendit par les bras à une ficelle ; la poupée, qui ne tenait pas bien, tomba et se cassa un bras. La maman essaya de la raccommoder ; mais, comme il manquait des morceaux, il fallut chauffer beaucoup la cire, et le bras resta plus court que l&#8217;autre. Sophie pleura, mais le bras resta plus court.</p>
<p align="justify">Une autre fois, Sophie songea qu&#8217;un bain de pieds serait très utile à sa poupée, puisque les grandes personnes en prenaient. Elle versa de l&#8217;eau bouillante dans un petit seau, y plongea les pieds de la poupée, et, quand elle la retira, les pieds s&#8217;étaient fondus, et étaient dans le seau. Sophie pleura, mais la poupée resta sans jambes.</p>
<p align="justify">Depuis tous ces malheurs, Sophie n&#8217;aimait plus sa poupée, qui était devenue affreuse, et dont ses amies se moquaient ; enfin, un dernier jour, Sophie voulut lui apprendre à grimper aux arbres ; elle la fit monter sur une branche, la fit asseoir ; mais la poupée, qui ne tenait pas bien, tomba : sa tête frappa contre des pierres et se cassa en cent morceaux. Sophie ne pleura pas, mais elle invita ses amies à venir enterrer sa poupée.</p>
<p></span></em></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;color:#ff6666;font-family:Times New Roman;"></span></em></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;font-family:Times New Roman;"><span style="color:#6600cc;"><em>Comtesse de Ségur,</em> Les malheurs de Sophie<em>, 1858.</em></span></span></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;color:#6600cc;font-family:Times New Roman;"></span></em></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/39/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/39/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/39/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/39/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/39/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/39/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/39/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/39/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/39/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/39/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/39/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/39/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=39&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/mon-adoree/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/039_39.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>My Beauty&#8230;</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/my-beauty/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/my-beauty/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Sep 2006 14:26:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits de mes livres préférés]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/my-beauty/</guid>
		<description><![CDATA[
Sara stayed with her father at his hotel for several days; in fact, she remained with him until he sailed away again to India. They went out and visited many big shops together, and bought a great many things. They bought, indeed, a great many more things than Sara needed; but Captain Crewe was a [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=38&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/Sara30s.gif"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Sara30s.gif" /></a></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;"><span style="color:#ffff00;font-family:times new roman;"><span style="color:#ffccff;">Sara stayed with her father at his hotel for several days; in fact, she remained with him until he sailed away again to India. They went out and visited many big shops together, and bought a great many things. They bought, indeed, a great many more things than Sara needed; but Captain Crewe was</span> <span style="color:#9999ff;">a rash, innocent young man and wanted his little girl to have everything she admired and everything he admired himself, so between them they collected a wardrobe much too grand for a child of seven. There were velvet dresses trimmed with costly furs, and lace dresses, and embroidered ones, and hats with great, soft ostrich feathers, and ermine coats and muffs, and boxes of tiny gloves and handkerchiefs</span> <span style="color:#33ccff;">and silk stockings in such abundant supplies that the polite young women behind the counters whispered to each other that the odd little girl with the big, solemn eyes must be at least some foreign princess &#8212; perhaps the little daughter of an Indian rajah.And at last they found Emily, but they went to a number of toy shops and looked at a great many dolls before they discovered her.</p>
<p>&#8220;I want her to look as if she wasn&#8217;t a doll really,&#8221; Sara said.</span> <span style="color:#00cccc;">&#8220;I want her to look as if she listens when I talk to her. The trouble with dolls, papa&#8221; &#8212; and she put her head on one side and reflected as she said it &#8212; &#8220;the trouble with dolls is that they never seem to hear.&#8221; So they looked at big ones and little ones &#8212; at dolls with black eyes and dolls with blue &#8212; at dolls with brown curls and dolls with golden braids, dolls dressed and dolls undressed.</span></span><span style="color:#00cccc;"><span style="color:#009900;">&#8220;You see,&#8221; Sara said when they were examining one who had no clothes. &#8220;If, when I find her, she has no frocks, we can take her to a dressmaker and have her things made to fit. They will fit better if they are tried on.&#8221;After a number of disappointments they decided to walk and look in at the shop windows and let the cab follow them. </span></p>
<p></span><span style="color:#666600;">They had passed two or three places without even going in, when, as they were approaching a shop which was really not a very large one, Sara suddenly started and clutched her father&#8217;s arm.</span></span><span style="color:#666600;">&#8220;Oh, papa!&#8221; she cried. &#8220;There is Emily!&#8221;<br />
</span><br />
<span style="color:#663333;">A flush had risen to her face and there was an expression in her green-gray eyes as if she had just recognized someone she was intimate with and fond of.</span><span style="color:#663333;">&#8220;She is actually waiting there for us!&#8221; she said. &#8220;Let us go in to her.&#8221;</p>
<p>&#8220;Dear me,&#8221; said Captain Crewe, &#8220;I feel as if we ought to have someone to introduce us.&#8221;</p>
<p></span><span style="color:#993300;">&#8220;You must introduce me and I will introduce you,&#8221; said Sara. &#8220;But I knew her the minute I saw her &#8212; so perhaps she knew me, too.&#8221;</span><span style="color:#993300;">Perhaps she had known her. She had certainly a very intelligent expression in her eyes when Sara took her in her arms. <span style="color:#ff6600;">She was a large doll, but not too large to carry about easily; she had naturally curling golden-brown hair, which hung like a mantle about her, and her eyes were a deep, clear, gray-blue, with soft, thick eyelashes which were real eyelashes and not mere painted lines.<br />
</span><br />
<span style="color:#ff9900;">&#8220;Of course,&#8221; said Sara, looking into her face as she held her on her knee, &#8220;of course papa, this is Emily.&#8221;So Emily was bought and actually taken to a children&#8217;s outfitter&#8217;s shop and measured for a wardrobe as grand as Sara&#8217;s own.</span></p>
<p></span> <span style="color:#ff9966;">She had lace frocks, too, and velvet and muslin ones, and hats and coats and beautiful lace-trimmed underclothes, and gloves and handkerchiefs and furs.</span><span style="color:#ff9966;">&#8220;I should like her always to look as if she was a child with a good mother,&#8221; said Sara. &#8220;I&#8217;m her mother, though I am going to make a companion of her.&#8221;</p>
<p><span style="color:#ffff66;">Captain Crewe would really have enjoyed the shopping tremendously, but that a sad thought kept tugging at his heart. This all meant that he was going to be separated from his beloved, quaint little comrade.He got out of his bed in the middle of that night and went and stood looking down at Sara, who lay asleep with Emily in her arms.</span></p>
<p></span> <span style="color:#ffff00;">Her black hair was spread out on the pillow and Emily&#8217;s golden-brown hair mingled with it, both of them had lace-ruffled nightgowns, and both had long eyelashes which lay and curled up on their cheeks. Emily looked so like a real child that Captain Crewe felt glad she was there. He drew a big sigh and pulled his mustache with a boyish expression.<br />
</span><br />
&#8220;<span style="color:#99ff99;">Heigh-ho, little Sara!&#8221; he said to himself &#8220;I don&#8217;t believe you know how much your daddy will miss you.&#8221;</span><span style="color:#99ff99;">The next day he took her to Miss Minchin&#8217;s and left her there. He was to sail away the next morning. He explained to Miss Minchin that his solicitors, Messrs. Barrow &amp; Skipworth, had charge of his affairs in England and would give her any advice she wanted, and that they would pay the bills she sent in for Sara&#8217;s expenses. <span style="color:#3366ff;">He would write to Sara twice a week, and she was to be given every pleasure she asked for.&#8221;She is a sensible little thing, and she never wants anything it isn&#8217;t safe to give her,&#8221; he said.<br />
</span></p>
<p></span><br />
<span style="color:#006600;">Then he went with Sara into her little sitting room and they bade each other good-by. Sara sat on his knee and held the lapels of his coat in her small hands, and looked long and hard at his face.<br />
</span><br />
<span style="color:#009900;">&#8220;Are you learning me by heart, little Sara?&#8221; he said, stroking her hair.</span><span style="color:#009900;">&#8220;No,&#8221; she answered. &#8220;I know you by heart. You are inside my heart.&#8221; And they put their arms round each other and kissed as if they would never let each other go.</p>
<p>When the cab drove away from the door, Sara was sitting on the floor of her sitting room, with her hands under her chin and her eyes following it until it had turned the corner of the square. Emily was sitting by her, and she looked after it, too. When Miss Minchin sent her sister, Miss Amelia, to see what the child was doing, she found she could not open the door.</p>
<p></span><span style="color:#6600cc;">&#8220;I have locked it,&#8221; said a queer, polite little voice from inside. &#8220;I want to be quite by myself, if you please.&#8221;</span><span style="color:#6600cc;">Miss Amelia was fat and dumpy, and stood very much in awe of her sister. She was really the better-natured person of the two, but she never disobeyed Miss Minchin. <span style="color:#663366;">She went downstairs again, looking almost alarmed.&#8221;I never saw such a funny, old-fashioned child, sister,&#8221; she said. &#8220;She has locked herself in, and she is not making the least particle of noise.&#8221;<br />
</span></p>
<p></span><br />
<span style="color:#cc33cc;">&#8220;It is much better than if she kicked and screamed, as some of them do,&#8221; Miss Minchin answered. &#8220;I expected that a child as much spoiled as she is would set the whole house in an uproar. If ever a child was given her own way in everything, she is.&#8221;</span><span style="color:#cc33cc;"><span style="color:#cc66cc;">&#8220;I&#8217;ve been opening her trunks and putting her things away,&#8221; said Miss Amelia. &#8220;I never saw anything like them &#8212; sable and ermine on her coats, and real Valenciennes lace on her underclothing. You have seen some of her clothes. What do you think of them?&#8221;<br />
</span><br />
<span style="color:#ff99ff;">&#8220;I think they are perfectly ridiculous,&#8221; replied Miss Minchin, sharply; &#8220;but they will look very well at the head of the line when we take the schoolchildren to church on Sunday. She has been provided for as if she were a little princess.&#8221;<br />
</span><br />
<span style="color:#ccccff;">And upstairs in the locked room Sara and Emily sat on the floor and stared at the corner round which the cab had disappeared, while Captain Crewe looked backward, waving and kissing his hand as if he could not bear to stop.</span><span style="color:#ccccff;"> </span></p>
<p></span></em></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;color:#ccccff;"></span></em></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#ccccff;"><em><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/8-picture5.png"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/8-picture5.png" /></a>Francis H. Burnett,</em> Little Princess<em>, 1905.</em></span></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/38/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/38/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/38/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/38/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/38/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/38/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/38/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/38/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/38/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/38/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/38/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/38/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=38&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/15/my-beauty/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/Sara30s.gif" medium="image" />

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/8-picture5.png" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Peter</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/14/peter/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/14/peter/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Sep 2006 20:12:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits de mes livres préférés]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/14/peter/</guid>
		<description><![CDATA[
Chapitre 1 : Peter Pan arrive
Tous les enfants grandissent. Tous, sauf un. Ils le savent très tôt et même si Wendy le sait depuis fort longtemps, elle n’y pensait pas beaucoup jusqu’au jour où elle a rencontré Peter Pan. Wendy vivait dans une grande maison de Londres avec ses parents, Monsieur et Madame DARLING et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=37&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/sm_peter_wendy.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/320/sm_peter_wendy.jpg" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#ffccff;font-family:times new roman;"><em>Chapitre 1 : Peter Pan arrive</em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#009900;"><span style="font-family:times new roman;"><em><span style="color:#ffccff;">Tous les enfants grandissent. Tous, sauf un. Ils le savent très tôt et même si Wendy le sait depuis fort longtemps, elle n’y pensait pas beaucoup jusqu’au jour où elle a rencontré Peter Pan. Wendy vivait dans une grande maison de Londres avec ses parents, Monsieur et Madame DARLING et ses deux frères, John et Michael. Ils étaient très heureux entourés de l’amour de leurs parents. Madame DARLING les aimait tendrement. Monsieur DARLING les aimait aussi mais il était fort occupé par ses problèmes d’argent. La bonne qui s’occupait des enfants n’était pas à l’image de ce que Monsieur DARLING souhaitait mais c’était tout ce qu’il pouvait se permettre. C’était un chien de Terre-Neuve, appelé Nana. Ils l’avaient trouvée dans les jardins de Kensington et comme elle semblait abandonnée, ils l’avaient engagée. Nana n’était pas un chien ordinaire. C’était en réalité une vraie perle. Elle savait d’un coup d’œil juger si l’un de ses protégés était souffrant. Et lorsque Madame DARLING amenait des visiteurs imprévus dans la chambre des enfants, avant même que ceux-ci n’atteignent le seuil de la chambre, les enfants se trouvaient tous trois vêtus de frais, cheveux lissés. Comme toutes les bonnes, Nana avait droit à un soir de congé par semaine. C’était alors Madame DARLING qui la remplaçait. Un soir que Madame DARLING remettait de l’ordre dans l’esprit des enfants endormis comme le fait chaque soir chaque maman partout sur la terre. Elle y découvrit un mot incompréhensible pour elle chez chacun des trois enfants : PETER. Elle ne connaissait aucun Peter. Le lendemain, Madame DARLING, fort intriguée par toute cette histoire, a questionné Wendy :<br />
— Qui est ce Peter, ma chérie ?<br />
— C’est Peter Pan, Maman. Un petit garçon qui n’a pas grandi. Il vient parfois sur le bord de mon lit et joue du pipeau. Il peut voler aussi. Il vient souvent me rendre visite.<br />
Et Wendy de raconter le pays imaginaire là où elle habite dans une maison de feuilles et a un loup pour animal domestique. John a même ajouté qu’il y a une lagune survolée par des flamants roses. Madame DARLING est bouleversée par cette conversation. En cherchant bien tout au fond de sa mémoire, elle croit se rappeler que Peter Pan vit chez les fées. Cette nuit là, Madame DARLING est inquiète. La chambre des enfants si calme, si reposante présente quelque chose d’étrange. Les jouets sont pourtant rangés dans leur coffre, les livres sont posés dans la bibliothèque. Elle prend son ouvrage et se met à broder. Peu à peu, sa tête s’incline et doucement, très doucement, elle s’endort. Elle rêve… Dans son rêve, le pays de l’imaginaire dont Wendy a parlé se rapproche. L’étrange petit garçon est là ; sorti du pays de l’imaginaire pour lui rendre visite ! Soudain, la fenêtre s’ouvre et l’enfant de son rêve tombe sans bruit sur le sol. Il n’est pas seul. Une lumière brillante, aveuglante même, l’accompagne. C’est sans aucun doute cette lumière étincelante qui réveille Madame DARLING. Elle sursaute, pousse un cri et lorsqu’elle voit l’enfant, quelque chose en elle lui dit que c’est Peter Pan. Il est comme tous les autres enfants, bien qu’habillé de feuilles. Madame DARLING ne parvient pas à détacher ses yeux de lui et lorsqu’il l’aperçoit — comme chaque fois qu’il voit un adulte -, il lui fait une horrible grimace.<span style="color:#9999ff;">Chapitre 2 : L’ombre</span></p>
<p></span></em></span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#009900;"><span style="font-family:times new roman;"><em><span style="color:#9999ff;">Nana, qui revenait de sa sortie nocturne, en entendant le cri de Madame DARLING se précipite dans la chambre des enfants et dans un grognement terrible se jette sur l’intrus qui avait osé pénétrer dans son domaine. Mais c’était sans compter sur la rapidité de Peter qui d’un bond s’enfuit par la fenêtre. Madame DARLING dévale les trois étages et sort dans la rue à la recherche du corps de l’enfant qui avait dû se tuer dans sa chute. Elle ne voit rien mais en levant les yeux vers le ciel, elle aperçoit ce qui devait être une étoile filante. En rentrant dans la chambre, elle retrouve Nana qui tenait dans sa gueule l’ombre de l’enfant. En se jetant sur lui, elle avait refermé la fenêtre et l’ombre n’avait pas eu le temps de s’enfuir. Madame DARLING la prend, la roule soigneusement et la range dans un tiroir. Il faudra absolument qu’elle parle à son mari de toute cette étrange histoire. Une semaine passa. C’était un vendredi soir comme les autres ; jour du bain, et comme à chaque fois, Michael ne voulait pas de bain. Il avait beau tempêter, battre des pieds Nana restait intraitable. Madame DARLING, vêtue de sa robe du soir blanche, entre dans la chambre des enfants.<br />
— Votre père et moi allons dîner ce soir au numéro 27, dit-elle, nous ne serons donc pas bien loin.<br />
Monsieur DARLING entre à son tour. Il tient à la main sa cravate et semble de fort méchante humeur :<br />
— Je n’arrive pas attacher cette maudite cravate ! Je te préviens, si je ne parviens pas à la mettre, nous ne sortirons pas ce soir !<br />
Madame DARLING très calmement lui noue sa cravate. La mauvaise humeur semblait passée et elle se préparait à lui parler de l’étrange petit garçon, lorsque Nana entra dans la chambre. En passant à proximité de Monsieur DARLING, elle le frôle. Le superbe pantalon se retrouve couvert de poils. Monsieur DARLING entre dans une colère noire en disant que c’était une erreur d’avoir un chien pour bonne. Madame DARLING se décide alors à lui raconter la venue de Peter Pan et il éclate de rire. Lorsqu’elle lui montre l’ombre, il a l’air plus songeur. C’est à ce moment que Nana, revient avec le sirop de Michael qui a son habitude refuse de le prendre.<br />
— Quand j’avais ton âge, dit Monsieur DARLING, je prenais toujours mes médicaments sans faire d’histoires… (ce qui bien entendu était faux) Si je n’avais pas égaré ma bouteille de sirop, je t’aurais montré l’exemple.<br />
— Je sais où elle se trouve, dit Wendy.<br />
Elle sort et revient quelques instants plus tard en tenant à la main la précieuse bouteille. Monsieur DARLING est pâle. C’est qu’il est très mauvais ce sirop. Il se sent pris au piège. Il a alors l’idée de verser le sirop dans l’écuelle de Nana en pensant que ses enfants riraient de la bonne farce jouée au chien. Nana lape l’infâme breuvage et rentre dans sa niche en pleurant. Wendy voudrait bien consoler son chien mais Monsieur DARLING à nouveau en colère déclare :<br />
— Ce chien n’a rien à faire ici. Sa place est dans la cour et je vais aller l’y attacher immédiatement.<br />
Il la saisit par son collier et l’emmène rudement. Attachée dans la cour, Nana aboie flairant le danger. Madame DARLING ne se sent pas non plus très rassurée. Elle vérifie la fenêtre et allume les veilleuses en disant à Michael :<br />
— Les veilleuses sont les yeux que les mamans laissent derrière elles pour protéger leurs enfants.<br />
Elle les embrasse et sort de la chambre en leur jetant un dernier regard sans se douter qu’elle ne les reverrait pas avant longtemps. Dès que Monsieur et Madame DARLING sont entrés au 27, la plus petite étoile de la voie lactée dit :<br />
— Tu peux y aller, Peter !<br />
Un ordre qui lance Peter et Clochette sur le chemin de la chambre des enfants.<br />
</span><br />
<span style="color:#33ccff;">Chapitre 3 : Partons…</span></em></span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#009900;"><span style="font-family:times new roman;"><em><span style="color:#33ccff;">Tout est calme et paisible dans la chambre des enfants. Soudain, une minuscule boule de lumière fonce dans la pièce suivie presque immédiatement de Peter Pan.<br />
— Clochette, sais-tu où est mon ombre ? demande-t-il.<br />
— Dans la grande boite au fond de la pièce, répond celle-ci dans un tintement argentin, langage commun au fées.<br />
Peter ouvre le tiroir de la commode et prend son ombre sans faire attention à Clochette qui y était entrée et referme le tiroir, emprisonnant la petite fée. Comment faire pour attacher une ombre lorsqu’on est un petit enfant. Bien sûr, elle ne colle pas toute seule ; le savon non plus, cela ne marche pas. Alors Peter s’assied sur le sol et se met à pleurer. Ses sanglots réveillent Wendy.<br />
— Pourquoi pleures-tu petit garçon ? demande celle-ci à Peter. Je m’appelle Wendy, Wendy, Moira, Angela DARLING.<br />
— Moi, c’est Peter Pan. Je pleure parce que je n’arrive pas à attacher mon ombre.<br />
— Donne la moi, je sais comment faire. Je vais la recoudre avec du fil et une aiguille.<br />
Peter fait une grimace. Une aiguille, du fil… ça risque de faire un peu mal mais en petit garçon courageux, il ne dira rien.<br />
— Voilà, c’est terminé ! dit Wendy. Puisque tu n’as rien dit, je vais te donner un baiser.<br />
En voyant qu’il lui tend la main, Wendy comprend que Peter ne sait pas ce que c’est qu’un baiser et elle lui tend le dé qu’elle vient juste d’utiliser pour coudre. Peter veut à son tour lui offrir quelque chose et il lui donne un gland.<br />
— Quel est ton âge, Peter ? lui demande Wendy.<br />
— Je n’en sais rien, répond celui-ci. Je me suis enfui le jour de ma naissance. Je ne veux pas devenir un homme alors, depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux et chaque morceau devint une fée. Depuis ce jour, chaque enfant devrait avoir sa fée. Devrait car à chaque fois qu’un enfant déclare &#8220;Je ne crois pas aux fées&#8221;, l’une d’entre elle meurt.<br />
Tout en parlant, Peter se souvient de Clochette. Il la cherche et la retrouve dans le tiroir de la commode. Les paroles qu’elle lui dit à sa sortie, ne sont vraiment pas à rapporter ici. Il faut dire que Clochette est une fée fort peu ordinaire. Wendy n’a d’yeux que pour la fée. Comme elle aimerait avoir aussi une fée comme celle-ci mais Clochette ne semble pas de cet avis.<br />
— Où habites-tu maintenant ? demande Wendy à Peter.<br />
— Au pays de l’imaginaire avec les six enfants perdus. Ils sont tous tombés de leur landau lorsque leur bonne ne les regardait pas. Moi, je suis leur capitaine. Je viens souvent chez toi, le soir à ta fenêtre pour écouter les histoires que ta maman vous raconte parce que moi, je ne connais pas d’histoires et nous n’avons pas de maman. D’ailleurs, il est temps que je rentre pour raconter la fin de Cendrillon aux autres. Si tu voulais venir avec moi, tu pourrais devenir leur maman, pour raconter des histoires, repriser les chaussettes et faire la cuisine. En plus, je t’apprendrai à voler.<br />
C’est bien plus qu’il n’en faut à Wendy. Elle réveille ses frères John et Michael afin qu’ils l’accompagnent. Ils sont tous les trois enthousiastes à l’idée de voir des sirènes, des pirates et des indiens. Mais comment faire pour voler ?Peter souffle alors un peu de pollen des fées qu’il avait encore sur la main et ils s’élancent dans les airs et tournoient dans la chambre. Monsieur et Madame DARLING, que Nana étaient allés rechercher après avoir brisé sa chaîne, ont juste le temps d’apercevoir de l’extérieur quatre ombres qui volent dans la chambre des enfants car, lorsqu’ils arrivent enfin à l’étage dans la chambre des enfants, tous trois sont partis avec Peter pour le pays de l’imaginaire.<br />
</span><br />
<span style="color:#009900;">Chapitre 4 : Le voyage</span></em></span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#009900;font-family:times new roman;"><em>&#8220;Deuxième à droite et tout droit jusqu’au matin&#8221;, tel est le chemin qu’empruntent Wendy, John, Michael, Peter et Clochette pour se rendre au pays de nulle part. C’est tellement gai de voler qu’ils perdent beaucoup de temps en chemin et la fatigue s’installe. C’est très dangereux de s’endormir en volant, dès que les yeux se ferment, les corps tombent et Peter trouve tout ça bien drôle. Il rattrape Michael juste au moment où celui-ci va sombrer dans la mer. Peter aime fanfaronner ; il caresse le dos d’un requin, vole un peu de nourriture à un oiseau de proie, disparaît pour vivre de mystérieuses aventures et revient près des autres dans un éclat de rire en oubliant ce qui lui est arrivé. Wendy est inquiète. Peter ne va-t-il pas les oublier ? Comment faire pour s’arrêter ? Où se cache l’île ? Il y a si longtemps qu’ils volent.<br />
— Nous y voici, dit Peter.<br />
En effet, dans un dernier rayonnement du soleil, les enfants voient apparaître l’Ile. Il la reconnaissent du premier coup d’œil : la lagune aux sirènes, le camp des Peaux-Rouges, le louveteau de Wendy — tout comme dans leurs rêves. Peter est passablement agacé de voir que les enfants connaissent si bien son île. Au fur et à mesure qu’ils se rapprochent, ils éprouvent de plus en plus de difficultés comme si des mains invisibles les retenaient pour qu’ils n’atterrissent pas. Peter ne veut pas leur dire qu’il était en train de combattre les fées et demande à John d’un air détaché :<br />
— Tu veux prendre d’abord le thé ou vivre tout de suite une aventure ?<br />
Wendy et Michael préfèrent le thé mais John, intrigué aimerait bien connaître sa première aventure.<br />
— Regarde en dessous de nous, il y a un pirate endormi. Si tu veux, on peut aller le tuer, dit Peter.<br />
— Tu en as tué beaucoup, demande John ?<br />
— Bien sûr, répond fièrement Peter. Il y en a des tas dans l’île. Leur capitaine c’est Crochet.<br />
En disant ces derniers mots, le visage de Peter s’est durci. Il ne semble pas l’aimer beaucoup et raconte aux enfants comment il lui a coupé la main droite qu’il a remplacée par un crochet en fer. Il leur fait promettre aussi qu’en cas de bataille avec Crochet, ils le lui laisseraient. C’est à ce moment que Clochette prévient Peter que les pirates ont sorti leur gros canon et s’apprêtent à leur envoyer un boulet.<br />
— C’est à cause de la lumière de Clochette, elle ne peut pas l’éteindre. Il faut absolument la cacher.<br />
la solution est trouvée dans le haut de forme que John a emporté. Wendy se retrouve entre les mains de Wendy et elle n’aime vraiment pas ça. Tout est silencieux quand soudain une énorme déflagration projette les enfants dans les airs. Clo sort du chapeau et entraîne Wendy. Clochette n’est pas méchante. Comme toutes les fées, elle est parfois gentille, parfois méchante. Elle est tellement petite qu’elle n’a de place que pour un seul sentiment à la fois et en ce moment, elle est terriblement jalouse de Wendy. Pauvre Wendy, elle ne sait pas combien la petite fée la déteste et elle remet son sort entre ses mains.</em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#00cccc;font-family:times new roman;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family:times new roman;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size:130%;color:#666600;font-family:times new roman;"><em>Chapitre 17 : Bien des ans ont passé…</em></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#666600;"><span style="font-family:times new roman;"><em><span style="font-size:130%;">J’espère que vous souhaitez savoir ce qu’il advint des autres garçons. Ils attendaient au rez-de-chaussée, pour laisser à Wendy le temps de s’expliquer à leur sujet ; et, quand ils eurent compté jusqu’à cinq cents, ils montèrent. Ils montèrent par l’escalier, pensant que cela ferait meilleure impression. Ils s’alignèrent en rang devant Mme Darling, tête nue, et auraient donné cher pour ne pas être habillés en pirates. Ils se taisaient mais leurs yeux parlaient pour eux et imploraient Mme Darling de les garder. Ils auraient dû regarder également M. Darling, mais ils oublièrent de le faire. Naturellement, M&#8221; Darling dit aussitôt qu’elle les garderait. Mais M. Darling semblait bizarrement démoralisé et ils virent bien que six, pour lui, était un bien grand nombre. — Je dois reconnaître, dit-il à Wendy, que tu ne fais pas les choses à moitié. Remarque mesquine que les Jumeaux prirent pour eux. Le premier des Jumeaux ne manquait pas de fierté, et dit en rougissant : — Si vous nous trouvez encombrants, monsieur, nous pouvons nous en aller. — Papa ! s’écria Wendy, indignée. Mais l’orage grondait encore au-dessus de lui : il savait qu’il se conduisait mal mais ne pouvait s’en empêcher. — Nous pourrions dormir pliés en deux, suggéra Bon Zigue. — Je leur coupe moi-même les cheveux, plaida Wendy. — George ! s’exclama Mme Darling, peinée de voir son cher homme se montrer sous un jour si peu favorable. Alors M. Darling fondit en larmes et la vérité éclata. Il était aussi heureux qu’ elle de les garder, dit-il, mais on aurait pu, à son avis, lui demander aussi son consentement, au lieu de le traiter comme un zéro sous son propre toit. — Je ne trouve pas qu’il soit un zéro ! s’écria aussitôt La Guigne. Et toi, Le Frisé ? — Moi non plus. Et toi, La Plume ? — Plutôt pas. Les Jumeaux, qu’en pensez-vous ? Il s’avéra qu’aucun d’eux ne le regardait comme une nullité ; ridiculement satisfait, il déclara qu’il trouverait de la place pour eux tous dans le salon, à condition qu’ils puissent y tenir. Nous y tiendrons, assurèrent-ils. En ce cas, suivez le guide ! lança-t-il gaiement. Je vous préviens, je ne suis pas certain que nous ayons un salon, mais nous faisons semblant d’en avoir un, ce qui revient au même. Hop là ! Il partit en dansant à travers la maison, tous crièrent hop là ! et dansèrent à sa suite, à la recherche du salon. Je ne sais plus s’ils le trouvèrent. En tout cas, ils trouvèrent des recoins où ils tinrent très bien. Quant à Peter, il revit encore une fois Wendy avant de s’envoler. Il ne vint pas exactement à la fenêtre, mais il la frôla en passant, de sorte que, si Wendy voulait, elle pût ouvrir et l’appeler. Ce qu’elle fit. — Salut, Wendy, au revoir, dit-il. — Oh ! Tu t’en vas ? — Oui. Et… tu n’as pas envie de dire quelques mots à mes parents, au sujet de… d’une question délicate ? — Non. — À propos de moi, Peter ? — Non. Mme Darling s’approcha de la fenêtre, car elle surveillait désormais sa Wendy d’un œil vigilant. Elle dit à Peter qu’elle adoptait les garçons perdus et qu’elle le garderait volontiers, lui aussi. — Et vous m’enverriez à l’école ? s’enquit-il prudemment. — Bien sûr. — Et ensuite au bureau ? — Je présume. — Et bientôt je devrais être un homme ? — Très bientôt. — Je ne veux pas aller à l’école apprendre des choses ennuyeuses, répondit-il avec véhémence. Je ne veux pas devenir un homme ! O maman de Wendy, si en me réveillant, je devais sentir qu’il m’est poussé de la barbe ! — Peter, dit Wendy, encourageante, je t’aimerais même barbu ! Et Mme Darling lui tendit les bras, mais il la repoussa. — Arrière, ma bonne dame ! Personne ne m’aura ! personne ne fera de moi un homme ! — Mais où vas-tu vivre ? — Je vivrai avec Clo, dans la petite hutte que nous avons bâtie pour Wendy. Les fées l’installeront très haut à la cime d’un arbre, où elles dorment la nuit. — Oh ! délicieux ! s’écria Wendy avec un tel accent de convoitise que sa mère la serra plus fort dans ses bras. — Je croyais que toutes les fées étaient mortes, dit Mme Darling. — Il en vient sans cesse de nouvelles, expliqua Wendy qui faisait maintenant autorité en la matière, parce que, vois-tu, chaque fois qu’un nouveau-né rit pour la première fois, une fée voit le jour, et comme il naît sans cesse de nouveaux bébés, il naît sans cesse de nouvelles fées. Elles vivent dans des nids au sommet des arbres ; les mauves sont des garçons, les blanches des filles, et les bleues, de petites imbéciles qui ne savent même pas ce qu’elles sont. — Qu’est-ce que je vais bien m’amuser ! dit Peter, un œil sur Wendy. — Ce sera plutôt triste, le soir, de t’asseoir tout seul près du feu. — Clo sera là. — Clo ne m’arrive pas à la cheville ! lui rappela-t-elle sur un ton acide. — Sale menteuse ! glapit Clochette, quelque part au coin de la rue. — Cela n’a pas d’importance, dit Peter. — Oh, Peter, tu sais bien que si. — Alors, viens avec moi vivre dans la petite hutte. — Je peux, maman ? — Certainement pas. Je t’ai retrouvée et j’entends bien te garder. — Mais il a tellement besoin d’une maman ! — Toi aussi, ma chérie. — Très bien, dit Peter comme s’il l’avait invitée par pure politesse. Mais Mme Darling vit sa bouche se crisper, et elle fit cette proposition généreuse : Wendy irait le voir une fois par an, pour faire le nettoyage de printemps. Wendy aurait préféré un arrangement plus définitif ; il lui semblait que le printemps serait long à venir. Mais cette promesse satisfit Peter qui repartit tout content. Il n’avait aucune notion de la durée, et il lui arrivait tant d’aventures que tout ce que je vous ai raconté n’est que roupie de sansonnet en comparaison. Et Wendy devait en être consciente, sinon pourquoi lui aurait-elle adressé un au revoir si plaintif ? — Tu ne m’oublieras pas, Peter, avant le retour du printemps ? Peter promit de ne pas oublier, et il s’envola. Il emporta avec lui le baiser de Mme Darling. Ce baiser que personne n’avait pu prendre, ce fut Peter qui le ravit, et sans aucune difficulté. Bizarre, n’est-ce pas ? Et elle n’eut même pas l’air fâchée. Bien entendu, tous les garçons durent aller à l’école. La plupart entrèrent en troisième, mais La Plume fut d’abord mis en quatrième, puis en cinquième. La première étant le niveau le plus élevé. Au bout d’une semaine d’école, ils comprirent combien ils avaient été bêtes de ne pas rester dans 1’lle, mais c’était trop tard ; bientôt ils se rangèrent et devinrent aussi ordinaires que vous ou moi ou Dupont junior. Chose triste à dire, ils perdirent peu à peu le don de voler. Au début, Nana les attachait par les pieds aux barreaux du lit, pour qu’ils rie s’envolent pas pendant la nuit ; le, jour, une de leurs distractions favorites était de faire semblant de tomber de l’autobus. Mais petit à petit, ils cessèrent de tirer sur leurs liens, au lit, et s’aperçurent qu’il était douloureux de choir d’un autobus. À la fin, ils ne savaient même plus voler après leur chapeau. Ils appelaient ça manquer d’exercice, mais en vérité, cela voulait dire qu’ils n’y croyaient plus. Michael y crut plus longtemps que les autres, en dépit des railleries que cela lui attirait. Aussi était-il présent quand Peter vint chercher Wendy à la fin de la première année. Elle s’envola dans la robe même qu’elle avait tissée au pays de l’imaginaire avec des feuilles et des baies sauvages. Sa seule crainte était qu’il remarquât combien la robe était devenue courte, mais il n’y fit pas attention, tant il avait à dire à propos de lui-même. Elle avait espéré qu’ils frissonneraient ensemble au souvenir du bon vieux temps, mais de nouvelles aventures avaient chassé les anciennes de son esprit. — Qui est le capitaine Crochet ? demanda-t-il avec curiosité quand elle lui parla de l’ex-ennemi numéro un. — Comment ! s’étonna-t-elle. Tu ne te souviens donc pas comment tu l’as tué et nous as sauvé la vie ? — Je les oublie dès que je les ai tués, avoua-t-il avec insouciance. Quand, sans trop y croire, elle demanda si la fée Clo serait heureuse de la revoir, il répondit : — Qui est la fée Clo ? — Peter ! dit-elle, scandalisée. Mais elle eut beau lui expliquer, il avait tout oublié. — Tu comprends, dit-il, elles sont si nombreuses. Je suppose que celle-là est morte. Sans doute avait-il raison, car les fées vivent peu longtemps, mais elles sont si petites qu’un temps très court leur semble une éternité. Wendy eut encore le chagrin de découvrir que pour Peter, l’an passé était plus proche qu’hier. Cette année lui avait semblé si longue, à elle. Mais il était plus séduisant que jamais et le nettoyage de printemps de la hutte dans les arbres se déroula délicieusement. L’année suivante, il ne fut pas au rendez-vous. Elle l’attendit, vêtue d’une robe neuve car l’ancienne n’eût pas été convenable. Mais il ne vint pas. — Il est peut-être malade, dit Michael. — Tu sais bien qu’il n’est jamais malade. Michael se rapprocha et lui chuchota, avec un frisson — Et s’il n’existait pas ? Wendy se serait mise à pleurer si Michael ne l’avait devancée. Peter revint l’an d’après et, chose curieuse, il ne se rendait pas compte qu’il avait sauté une année. Ce fut la dernière fois que Wendy, fillette, le vit. Pendant quelque temps encore, elle essaya de ne pas éprouver de trop gros chagrins pour l’amour de lui ; puis elle sentit qu’elle le trahissait le jour où elle obtint le prix d’excellence. Mais les années passèrent sans ramener l’insouciant infidèle. Lorsque enfin ils se revirent, Wendy était une femme mariée et Peter n’était plus pour elle qu’un peu de poussière sur le coffre où elle avait conservé ses jouets. Wendy était devenue une grande personne. Inutile de gémir sur son sort. Elle était de celles qui aiment grandir, et finit même par devenir adulte de son propre gré, un jour plus tôt que les autres filles. Entre-temps, tous les garçons étaient devenus des adultes rassis, aussi cela ne vaut-il guère la peine de s’étendre sur leur compte. Vous pourriez voir chaque jour les Jumeaux, Bon Zigue et Le Frisé se rendre au bureau, chacun portant une serviette et un parapluie. Michael conduit une locomotive ; La Plume a épousé une dame titrée, il est devenu lord. Voyez-vous ce juge en perruque qui sort par cette porte de fer ? Jadis, c’était La Guigne. Et ce barbu qui n’a pas une histoire à raconter à ses enfants, autrefois ce fut John. Wendy se maria en robe blanche et voile rose. Il est étrange que Peter ne vint pas à l’église pour empêcher les bans d’être publiés. D’autres années se sont écoulées. À présent, Wendy a une fille. Ceci mériterait qu’on l’écrive non à l’encre mais en lettres d’or. L’enfant s’appelle Jane. Depuis toujours, elle a un regard étrangement interrogateur, comme si dès son arrivée sur le continent, elle avait déjà des questions à poser. Et quand elle a été en âge de les poser, toutes ou presque concernaient Peter Pan. Jane adore qu’on lui en parle, et Wendy lui raconte tout ce qu’il lui est possible de se rappeler, dans la chambre même où eut lieu le fameux envol. Cette chambre est maintenant celle de Jane car son père l’a achetée au taux de trois pour cent au père de Wendy qui n’a plus de goût pour les escaliers. Mme Darling est morte déjà, et oubliée. Il n’y a plus que deux lits dans la chambre, celui de Jane et celui de sa bonne, car Nana aussi a vécu. Elle est morte à un âge avancé et, à la fin, il devenait difficile de faire bon ménage avec elle, fermement convaincue qu’elle était d’être la seule à savoir s’y prendre avec les enfants. Une fois par semaine, la bonne de Jane a son jour de congé ; alors Wendy se charge de coucher l’enfant. C’est l’heure bénie des histoires. Jane a inventé de faire une tente en soulevant son drap au-dessus de la tête de sa mère et de la sienne. Et dans cette obscurité redoutable, elle chuchote : — Dis-moi ce que tu vois. — Je ne crois pas que je voie quoi que ce soit cette nuit, répond Wendy avec le sentiment coupable que, si Nana eût été là, elle n’aurait pas permis de poursuivre l’entretien. — Si, tu vois quelque chose, insiste Jane. Tu vois quand tu était une petite fille. — Il y a bien longtemps de cela, mon cœur, soupire Wendy. Ah ! comme les années s’envolent ! — Volent-elles de la même manière que tu volais quand tu étais petite fille ? demande la petite futée. — La manière dont je volais ! Sais-tu, Jane, parfois je me demande si j’ai jamais vraiment volé. — Oui, tu as volé. — Les belles années où je savais voler ! — Pourquoi ne sais-tu plus, maman ? — Maintenant, je suis une grande personne, ma chérie. Quand on grandit, on désapprend à voler. — Pourquoi désapprend-on ? — Parce qu’on n’est plus assez joyeux, innocent et sans-cœur. Seuls les sans-cœur joyeux et innocents savent voler. — Qu’est-ce que des sans-cœur joyeux et innocents ? Oh ! comme je voudrais être sans-cœur, joyeuse et innocente. D’autres fois, Wendy admet qu’elle voit en effet quelque chose. — Je crois bien que c’est cette chambre. — Je le crois aussi, dit Jane. Continue. Les voilà embarquées dans la grande aventure de la nuit où Peter revint chercher son ombre. — Stupide garçon ! dit Wendy, il essayait de la recoller avec du savon ! Comme il n’y arrivait pas, il s’est mis à pleurer, ce qui m’a réveillée. Alors j’ai recousu son ombre pour lui. — Tu as sauté un passage, interrompt Jane qui connaît l’histoire mieux que sa mère à présent. Quand tu l’as vu en train de pleurer, qu’est-ce que tu lui as dit ? — Je me suis assise dans mon lit et j’ai dit &#8221; Pourquoi pleures-tu, petit garçon ? &#8221; — Oui, c’était ça, dit Jane avec un gros soupir satisfait. — Alors, il nous a tous fait envoler pour le pays de l’imaginaire où sont les fées, les pirates, les Peaux-Rouges, la lagune aux sirènes, la maison souterraine et la petite hutte. — Oui ! Qu’est-ce que tu préférais de tout cela ? — Je crois que je préférais par-dessus tout la maison souterraine. — Oui, moi aussi. Que t’a dit Peter la dernière fois qu’il t’a parlé ? — La dernière chose qu’il m’ait dite, c’était &#8221; Attends-moi toujours et, une nuit, tu m’entendras chanter. &#8221; — Oui. — Hélas ! il m’a complètement oubliée. Wendy a dit cela avec un sourire. Cela montre à quel point elle est adulte. — À quoi ressemblait son chant ? demanda un soir la petite Jane. Wendy essaya d’imiter le cri de victoire de Peter. — Non, ce n’était pas comme ceci, dit gravement Jane, mais comme cela. Et elle l’imita tellement mieux que sa mère que Wendy en fut un peu saisie. — D’où sais-tu que c’était ainsi, ma chérie ? — Je l’entends souvent quand je dors, dit Jane. — C’est vrai, beaucoup de filles l’entendent en dormant, mais moi, je suis la seule qui l’ait entendu éveillée. — Quelle chance tu as ! dit Jane. Puis une nuit le drame arriva. On était au printemps. Jane avait eu son histoire et dormait maintenant dans son lit. Wendy était assise sur le plancher, tout près du feu qui éclairait ses travaux de raccommodage, car il n’y avait pas d’autre lumière dans la chambre ; et, tandis qu’elle raccommodait, elle entendit un chant triomphal. Puis la fenêtre s’ouvrit, comme jadis, et Peter se posa sur le sol. Il n’avait absolument pas changé, et Wendy vit tout de suite qu’il avait encore ses dents de lait. Il était un petit garçon, et elle, une grande personne. Elle se blottit près du feu, sans oser faire un mouvement, désemparée et comme prise en faute, elle, la grande femme. — Salut, Wendy ! Il ne remarquait aucune différence, étant surtout occupé de lui-même, et dans la faible clarté, il pouvait prendre la robe blanche de Wendy pour la chemise de nuit dans laquelle il l’avait vue pour la première fois. — Salut, Peter, dit-elle d’une voix éteinte en se tassant pour paraître plus petite. Quelque chose en elle pleurait : &#8221; Femme, femme, laisse-moi. &#8221; — Tiens, où est John ? demanda Peter s’apercevant qu’il manquait un troisième lit. — Il n’est pas ici en ce moment, souffla-telle. — Michael dort ? dit-il en posant un regard distrait sur Jane. — Oui, répondit-elle. Mais aussitôt elle se reprocha de manquer de loyauté à son égard aussi bien qu’envers Jane. — Ce n’est pas Michael, se hâta-t-elle de corriger, de peur qu’un châtiment ne vint fondre sur sa tête. Peter regarda. — C’est un nouvel enfant ? — Oui. — Un garçon ou une fille ? — Une fille. Sûrement, il allait comprendre maintenant. Mais non, pas le moins du monde!<br />
— Peter, dit-elle en hésitant, tu n’espères pas que je vais m’envoler avec toi ? — Bien sûr que si, c’est pour cela que je suis venu. Il ajouta d’un ton de léger reproche — As-tu oublié que le moment est venu de faire le nettoyage de printemps ? À quoi bon lui rappeler qu’il en avait laissé passer plus d’un ? — Je ne peux pas venir, s’excusa-t-elle, je ne sais plus du tout voler. — J’aurai tôt fait de te rapprendre. — Oh Peter, ne gaspille pas la poudre des fées pour moi. Elle s’était levée ; et la peur enfin assaillit le garçon. — Qu’y a-t-il ? cria-t-il en reculant. — Je vais allumer, dit-elle, alors tu verras par toi-même. Pour autant que je sache, ce fut la seule fois dans sa vie où Peter eut peur. — N’allume pas, supplia-t-il. Elle caressa doucement les cheveux du tragique petit orphelin. Elle n’était pas une petite fille au cœur brisé de chagrin à cause de lui ; elle était une femme adulte, que tout cela faisait sourire, pourtant ses sourires étaient mouillés. Alors elle alluma la lampe, et Peter vit. Il poussa un cri de souffrance ; et quand cette superbe créature se pencha vers lui pour le soulever dans ses bras, il recula farouchement. — Qu’y a-t-il ? demanda-t-il encore. Cette fois, elle ne pouvait plus se dérober. — Je suis vieille, Peter. J’ai déjà plus de vingt ans. Il y a longtemps que j’ai grandi. — Tu avais promis de ne pas grandir. — Je n’ai pas pu faire autrement. Je suis mariée, Peter. Non ! Ce n’est pas vrai. — Si, et la petite fille dans le lit est mon enfant. — Non ! Ce n’est pas vrai ! Mais il la crut, et fit un pas vers l’enfant endormie, son poignard levé. Bien sûr, il ne la frappa pas. Au lieu de frapper, il s’assit sur le plancher et sanglota. Et Wendy ne sut comment le consoler, elle qui autrefois le faisait si bien. Elle n’était qu’une femme, maintenant, et elle se précipita hors de la chambre pour mettre de l’ordre dans ses pensées. Peter pleurait toujours à chaudes larmes, et ses sanglots finirent par réveiller Jane. Elle s’assit dans son lit, immédiatement intéressée. — Pourquoi pleures-tu, petit garçon ? dit-elle. Peter se leva et lui fit une révérence qu’elle lui rendit de son lit. — Bonjour, dit-il. — Bonjour, dit Jane. — Je m’appelle Peter Pan. — Je le sais. — Je suis venu chercher ma mère, expliqua-t-il, pour l’emmener dans 1’lle de l’imaginaire. — Je sais, dit Jane, je t’attendais. Quand Wendy revint, tout embarrassée, elle trouva Peter assis sur le bois du lit et poussant son cocorico victorieux, tandis que Jane en chemise de nuit voletait à travers la chambre dans une extase solennelle. — C’est ma mère, déclara Peter. Jane descendit et se tint à ses côtés avec, sur son visage, cette expression qu’il aimait à voir chez les dames qui le regardaient. — Il a tellement besoin d’une mère, dit Jane. — Je sais, admit Wendy d’un air malheureux. Personne ne le sait aussi bien que moi. — Au revoir, dit Peter à Wendy. Il s’éleva dans l’air et l’impudente petite Jane en fit autant. Déjà, elle volait mieux qu’elle ne marchait. Wendy se rua à la fenêtre. — Non ! non ! cria-t-elle. — C’est seulement pour le nettoyage de printemps, dit Jane. Il tient à ce que ce soit moi qui le fasse toujours. — Si seulement je pouvais aller avec vous, soupira Wendy. — Tu vois bien que tu ne peux pas voler, dit Jane. Bien sûr, Wendy finit par céder et les laissa s’envoler ensemble. La dernière vision que nous ayons d’elle la montre à la fenêtre, regardant les enfants s’éloigner dans le ciel jusqu’à ce qu’ils ne soient pas plus grands que les étoiles. Et tandis que vous contemplez Wendy, vous voyez ses cheveux blanchir, sa silhouette redevenir petite, car tout cela s’est passé il y a fort longtemps. Jane est à présent une grande personne ordinaire, mère d’une fillette nommée Margaret. Et chaque fois que revient l’époque du nettoyage de printemps, Peter (sauf les années où il oublie) vient chercher Margaret et l’emmène au pays de l’imaginaire, où elle lui raconte des histoires dont il est le héros et qu’il écoute passionnément. Quand Margaret grandira, elle aura une fille, destinée à être à son tour la mère de Peter ; et les choses continueront ainsi, aussi longtemps que les enfants seront joyeux, innocents et sans-cœur.</span> </em></span></span></p>
<p align="justify"><em><span style="color:#666600;font-family:Times New Roman;"></span></em></p>
<p align="justify"><em><span style="color:#666600;font-family:Times New Roman;"></span></em></p>
<p align="justify"><span style="font-family:times new roman;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family:times new roman;"></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family:times new roman;"><em>James Matthew Barrie, Peter Pan, 1904.</em></span></p>
<p><a href="http://wikimediafoundation.org/"></a></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/37/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/37/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/37/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/37/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/37/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/37/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/37/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/37/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/37/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/37/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/37/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/37/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=37&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/14/peter/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/320/sm_peter_wendy.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>The skyline is different, but my dream is the same</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/11/the-skyline-is-different-but-my-dream-is-the-same/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/11/the-skyline-is-different-but-my-dream-is-the-same/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Sep 2006 20:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mes rêves]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/11/the-skyline-is-different-but-my-dream-is-the-same/</guid>
		<description><![CDATA[

New York ! D’abord j’ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d’or aux jambes longues. 
Si timide d’abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givre
Si timide. Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel 
Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil. 
Sulfureuse ta lumière et les flûts livides, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=36&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/twin%20towers.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/twin%20towers.jpg" /></a></p>
<p align="center"><strong><span style="font-size:130%;color:#000099;font-family:Verdana;"></span></strong></p>
<p align="center"><em><span style="color:#330099;">New York ! D’abord j’ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d’or aux jambes longues. </span></em></p>
<p align="center"><em><span style="color:#333399;">Si timide d’abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givre</span></em></p>
<p align="center"><span style="color:#ff0000;"><em><span style="color:#6600cc;">Si timide. Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel</span> </em></span></p>
<p align="center"><em><span style="color:#6633ff;">Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil. </span></em></p>
<p align="center"><em><span style="color:#ffffff;"><span style="color:#6666cc;">Sulfureuse ta lumière et les flûts livides, dont les têtes foudroient</span></span><span style="color:#6666cc;"> le ciel </span></em></p>
<p align="center"><em><span style="color:#9999ff;">Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres. </span></em></p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">Léopold SEDAR SENGHOR, <em>Ethiopiques</em> (extrait de &#8220;A New York&#8221;)</p>
<p align="center"><strong><span style="font-size:130%;color:#000099;font-family:Verdana;"></span></strong></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/36/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/36/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/36/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/36/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/36/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/36/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/36/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/36/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/36/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/36/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/36/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/36/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=36&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/11/the-skyline-is-different-but-my-dream-is-the-same/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/twin%20towers.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Si tu ne veux pas grandir&#8230;</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/09/115775887698745860/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/09/115775887698745860/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Sep 2006 01:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quand j'ai mal]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/09/115775887698745860/</guid>
		<description><![CDATA[Bien sûr, j&#8217;ai pensé parfois mettre fin à mes jours, mais je n&#8217;ai pas su par lequel commencer. 

(Jacques Prévert)
La petite Marie est morte,
Et son cercueil est si peu long
Qu’il tient sous le bras qui l’emporte
Comme un étui de violon.
Sur le tapis et sur la table
Traîne l’héritage enfantin.
Les bras ballants, l’air lamentable,
Tout affaissé, gît le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=35&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="center"><span style="color:#ff6666;"><em>Bien sûr, j&#8217;ai pensé parfois mettre fin à mes jours, mais je n&#8217;ai pas su par lequel commencer.</em> </span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff6666;"></span></p>
<p align="center">(Jacques Prévert)</p>
<p align="center"><span style="color:#330033;">La petite Marie est morte,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#330033;">Et son cercueil est si peu long</span></p>
<p align="center"><span style="color:#330033;">Qu’il tient sous le bras qui l’emporte</span></p>
<p align="center"><span style="color:#330033;">Comme un étui de violon.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#663366;">Sur le tapis et sur la table</span></p>
<p align="center"><span style="color:#663366;">Traîne l’héritage enfantin.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#663366;">Les bras ballants, l’air lamentable,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#663366;">Tout affaissé, gît le pantin.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#993399;">Et si la poupée est plus ferme,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#993399;">C’est la faute de son bâton;</span></p>
<p align="center"><span style="color:#993399;">Dans son œil une larme germe,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#993399;">Un soupir gonfle son carton.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc33cc;">Une dînette abandonnée</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc33cc;">Mêle ses plats de bois verni</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc33cc;">À la troupe désarçonnée</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc33cc;">Des écuyers de Franconi.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc66cc;">La boîte à musique est muette;</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc66cc;">Mais, quand on pousse le ressort</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc66cc;">Où se posait sa main fluette,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#cc66cc;">Un murmure plaintif en sort.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff99ff;">L’émotion chevrote et tremble</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff99ff;">Dans: Ah! vous dirai-je maman!</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff99ff;">Le Quadrille des Lanciers semble</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff99ff;">Triste comme un enterrement,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffccff;">Et des pleurs vous mouillent la joue</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffccff;">Quand la Donna é mobile,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffccff;">Sur le rouleau qui tourne et joue,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffccff;">Expire avec un son filé.</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffccff;"></span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffffcc;">Le cœur se navre à ce mélange</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffffcc;">Puérilement douloureux,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffffcc;">Joujoux d’enfant laissés par l’ange,</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ffffcc;">Berceau que la tombe a fait creux!</span></p>
<p align="center">Théophile Gautier, &#8220;Les joujoux de la morte&#8221;, <em>Emaux et camées</em>, 1852-1872.</p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/35/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/35/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/35/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/35/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/35/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=35&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/09/115775887698745860/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>My Wishes&#8230;</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/my-wishes/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/my-wishes/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2006 23:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mes rêves]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/my-wishes/</guid>
		<description><![CDATA[Remonter le temps&#8230; puis arrêter les aiguilles un moment&#8230; ou éternellement.
Avoir une baguette magique pour vous délivrer.
Pouvoir dessiner mes rêves et raconter de jolies choses.
Devenir un ange.
Vivre parmis les fées&#8230;Mais ce que je veux vraiment, c&#8217;est être moi&#8230; comme avant. 

       <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=34&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p align="center"><span style="color:#663333;"><em>Remonter le temps&#8230; puis arrêter les aiguilles un moment&#8230; ou éternellement.<br />
</em></span><em><span style="color:#996633;">Avoir une baguette magique pour vous délivrer.<br />
</span><span style="color:#999900;">Pouvoir dessiner mes rêves et raconter de jolies choses.</span><br />
</em><em><span style="color:#33cc00;">Devenir un ange.<br />
</span><span style="color:#66cccc;">Vivre parmis les fées&#8230;</span><span style="color:#66ffff;"><em>Mais ce que je veux vraiment, c&#8217;est être moi&#8230; comme avant. </em></span></p>
<p></em></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/34/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/34/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/34/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/34/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/34/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/34/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/34/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/34/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/34/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/34/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/34/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/34/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=34&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/my-wishes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Tom Sawyer</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/tom-sawyer/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/tom-sawyer/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2006 22:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits de mes livres préférés]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/tom-sawyer/</guid>
		<description><![CDATA[






The sun rose upon a tranquil world, and beamed down upon the peaceful village like a benediction. Breakfast over, Aunt Polly had family worship: it began with a prayer built from the ground up of solid courses of Scriptural quotations, welded together with a thin mortar of originality; and from the summit of this she [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=33&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/%20mark-twain.jpg"></a></p>
<p align="justify"><span style="color:#3366ff;"></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#3366ff;"></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#ffff33;"></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#ffff33;"></span></p>
<p><span style="color:#ffff33;"></span><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/Tom.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/200/Tom.jpg" /></a></p>
<p><span style="color:#ffff33;"></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#ffff33;"><span style="color:#ff6600;">The sun rose upon a tranquil world, and beamed down upon the peaceful village like a benediction. Breakfast over, Aunt Polly had family worship: it began with a prayer built from the ground up of solid courses of Scriptural quotations, welded together with a thin mortar of originality; and from the summit of this she delivered a grim chapter of the Mosaic Law, as from Sinai. </span></span></p>
<p><span style="color:#ffff33;"><span style="color:#ff6600;"></span></span><span style="color:#ffff33;"><span style="color:#ff6600;"></p>
<p align="justify">Then Tom girded up his loins, so to speak, and went to work to &#8220;get his verses.&#8221; Sid had learned his lesson days before. Tom bent all his energies to the memorizing of five verses, and he chose part of the Sermon on the Mount, because he could find no verses that were shorter. At the end of half an hour Tom had a vague general idea of his lesson, but no more, for his mind was traversing the whole field of human thought, and his hands were busy with distracting recreations. Mary took his book to hear him recite, and he tried to find his way through the fog:</p>
<p align="justify"><em>&#8220;Blessed are the &#8212; a &#8212; a &#8211;&#8221;<br />
&#8220;Poor&#8221; &#8211;<br />
&#8220;Yes &#8212; poor; blessed are the poor &#8212; a &#8212; a &#8211;&#8221;<br />
&#8220;In spirit &#8211;&#8221;<br />
&#8220;In spirit; blessed are the poor in spirit, for they &#8212; they &#8211;&#8221;<br />
&#8220;Theirs &#8211;&#8221;<br />
&#8220;For theirs. Blessed are the poor in spirit, for theirs is the kingdom of heaven. Blessed are they that mourn, for they &#8212; they &#8211;&#8221;<br />
&#8220;Sh &#8211;&#8221;<br />
&#8220;For they &#8212; a &#8211;&#8221;<br />
&#8220;S, H, A &#8211;&#8221;<br />
&#8220;For they S, H &#8212; Oh, I don&#8217;t know what it is!&#8221;<br />
&#8220;Shall!&#8221;<br />
&#8220;Oh, shall! for they shall &#8212; for they shall &#8212; a &#8212; a &#8212; shall mourn &#8212; a&#8211; a &#8212; blessed are they that shall &#8212; they that &#8212; a &#8212; they that shall mourn, for they shall &#8212; a &#8212; shall What? Why don&#8217;t you tell me, Mary? &#8212; what do you want to be so mean for?&#8221;<br />
&#8220;Oh, Tom, you poor thick-headed thing, I&#8217;m not teasing you. I wouldn&#8217;t do that. You must go and learn it again. Don&#8217;t you be discouraged, Tom, you&#8217;ll manage it &#8212; and if you do, I&#8217;ll give you something ever so nice. There, now, that&#8217;s a good boy.&#8221;<br />
&#8220;All right! What is it, Mary, tell me what it is.&#8221;<br />
&#8220;Never you mind, Tom. You know if I say it&#8217;s nice, it is nice.&#8221;<br />
&#8220;You bet you that&#8217;s so, Mary. All right, I&#8217;ll tackle it again.&#8221; </em></p>
<p align="justify"><em>And he did &#8220;tackle it again&#8221; &#8212; and under the double pressure of curiosity and prospective gain he did it with such spirit that he accomplished a shining success. Mary gave him a brand-new &#8220;Barlow&#8221; knife worth twelve and a half cents; and the convulsion of delight that swept his system shook him to his foundations. True, the knife would not cut anything, but it was a &#8220;sure-enough&#8221; Barlow, and there was inconceivable grandeur in that &#8212; though where the Western boys ever got the idea that such a weapon could possibly be counterfeited to its injury is an imposing mystery and will always remain so, perhaps. Tom contrived to scarify the cupboard with it, and was arranging to begin on the bureau, when he was called off to dress for Sunday-school. </em></p>
<p align="justify"><em>Mary gave him a tin basin of water and a piece of soap, and he went outside the door and set the basin on a little bench there; then he dipped the soap in the water and laid it down; turned up his sleeves; poured out the water on the ground, gently, and then entered the kitchen and began to wipe his face diligently on the towel behind the door. But Mary removed the towel and said:<br />
&#8220;Now ain&#8217;t you ashamed, Tom. You mustn&#8217;t be so bad. Water won&#8217;t hurt you.&#8221;</em></p>
<p></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color:#ff6600;"><em><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/visuel_tom_sawyer.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/200/visuel_tom_sawyer.jpg" /></a>Becky Thatcher était malade. Elle ne venait plus à l&#8217;école et Tom en eut tant de regrets que ses préoccupations secrètes passèrent au second plan. Après avoir lutté contre son orgueil pendant quelques jours et essayé vainement d&#8217;oublier la fillette, il commença à rôder le soir autour de sa maison pour chercher à la voir. Il ne pensait plus qu&#8217;à Becky. Et si elle mourait ! La guerre, la piraterie n&#8217;avaient plus d&#8217;intérêt pour lui. La vie lui paraissait insipide. Il ne touchait plus ni à son cerceau, ni à son cerf-volant. Tante Polly s&#8217;en inquiéta. Elle entreprit de lui faire absorber toutes sortes de médicaments. Elle était de ces gens qui s&#8217;entichent de spécialités pharmaceutiques et des dernières méthodes propres à vous faire retrouver votre bonne santé ou à vous y maintenir. C&#8217;était une expérimentatrice invétérée en ce domaine. Elle était à l&#8217;affût de toutes les nouveautés et il lui fallait les mettre tout de suite à l&#8217;épreuve. Pas sur elle-même car elle n&#8217;était jamais malade, mais sur tous ceux qui lui tombaient sous la main. Elle souscrivait à tous les périodiques médicaux, aidait les charlatans de la phrénologie, et la solennelle ignorance dont ils étaient gonflés était pour elle souffle de vie. Toutes les sottises que ces journaux contenaient sur la vie au grand air, la manière de se coucher, de se lever, sur ce qu&#8217;il fallait manger, ce qu&#8217;il fallait boire, l&#8217;exercice qu&#8217;il fallait prendre, les vêtements qu&#8217;il fallait porter, tout cela était à ses yeux parole d&#8217;évangile et elle ne remarquait jamais que chaque mois, les nouvelles brochures démolissaient tout ce qu&#8217;elles avaient recommandé le mois précédent. C&#8217;était un coeur simple et honnête, donc une victime facile. Elle rassemblait ses journaux et ses remèdes de charlatan et partait comme l&#8217;ange de la mort sur son cheval blanc avec, métaphoriquement parlant, &#8220;l&#8217;enfer sur les talons&#8221;. Mais jamais elle ne soupçonna qu&#8217;elle n&#8217;avait rien d&#8217;un ange guérisseur ni du baume de Galaad personnifié, pour ses voisins malades. L&#8217;hydrothérapie était fort en vogue à cette époque et l&#8217;abattement de Tom fut une aubaine pour tante Polly. Elle le faisait se lever tous les matins de très bonne heure, l&#8217;emmenait sous l&#8217;apprentis, et là, armée d&#8217;un seau, le noyait sous des torrents d&#8217;eau glacée. Ensuite, elle le frottait jusqu&#8217;au sang pour le ranimer, avec une serviette qui râpait comme une lime, l&#8217;enveloppait dans un drap mouillé, l&#8217;allongeait sous des couvertures et le faisait transpirer jusqu&#8217;à l&#8217;âme ; &#8220;pour en faire sortir les taches jaunes&#8221;, disait Tom. Le garçon restait triste comme un corbillard. Elle compléta l&#8217;hydrothérapie par un frugal régime de bouillie d&#8217;avoine et des emplâtres. Elle évaluait la contenance de son malade comme elle l&#8217;aurait fait d&#8217;un bocal, et le bourrait chaque jour des pires panacées. Malgré ce traitement, le garçon devint de plus en plus mélancolique, pâle et déprimé. Cette fois, tante Polly eut recours aux bains chauds, aux bains de siège, aux douches brûlantes et aux plongeons glacés. Tom subissait son martyre avec une indifférence qui finit par alarmer l&#8217;excellente dame. Il fallait à tout prix découvrir quelque chose qui tirât le garçon de son apathie. A ce moment, tante Polly entendit parler pour la première fois du Doloricide. Elle en commanda aussitôt une ample provision, y goûta, et son coeur s&#8217;emplit de gratitude. Ce n&#8217;était ni plus ni moins que du feu sous une forme liquide. Tante Polly renonça à l&#8217;hydrothérapie et à tout le reste et plaça toutes ses espérances dans le Doloricide. Elle en donna une cuillerée à Tom et guetta avec anxiété l&#8217;effet produit. Ses appréhensions s&#8217;évanouirent : l&#8217;indifférence de Tom était vaincue. L&#8217;enfant n&#8217;aurait pas manifesté plus de vitalité si elle avait allumé un brasier sous lui. Tom estima que le moment était venu de se secouer. Ce genre d&#8217;existence commençait à ne plus devenir drôle du tout. Pour commencer, il prétendit raffoler du Doloricide et en demanda si souvent que sa tante, lassée de s&#8217;occuper de lui, le pria de se servir lui-même et de ne plus la déranger. Par mesure de précaution, et comme il s&#8217;agissait de Tom, elle surveilla la bouteille en cachette et, à sa grande satisfaction, s&#8217;aperçut que le contenu en diminuait régulièrement. Il ne lui vint pas une minute à l&#8217;idée que le garnement s&#8217;en servait pour soigner une latte malade du plancher du salon. Un jour, Tom était précisément en train d&#8217;administrer au plancher la dose prescrite quand le chat jaune de sa tante s&#8217;approcha de lui et jeta un regard gourmand sur la cuiller de potion. &#8220;N&#8217;en demande pas, si tu n&#8217;en veux pas, Peter&#8221;, fit Tom. Peter fit comprendre qu&#8217;il avait bel et bien envie de goûter au breuvage. &#8220;Tu es bien sûr que ça te plaira ?&#8221;. Peter dut répondre par l&#8217;affirmative. &#8220;Bon, déclara Tom. Je vais t&#8217;en donner puisque tu y tiens. Mais, si tu n&#8217;aimes pas ça, tu ne t&#8217;en prendras qu&#8217;à toi-même&#8221;. Peter avait l&#8217;air ravi. Tom lui ouvrit la gueule et y versa le Doloricide. Immédiatement le chat fit un bond d&#8217;un mètre cinquante, poussa un hurlement sauvage, fila comme une flèche, tourna autour de la pièce, se heurta à tous les meubles, renversa quelques pots de fleurs, bref, causa une véritable catastrophe. Non content de cela, il se dressa sur ses pattes de derrière, caracola autour de la pièce dans un joyeux délire, la tête sur l&#8217;épaule et proclamant dans un miaulement triomphant son incomparable bonheur. Puis il repartit comme un fou dans toute la maison, semant le chaos et la désolation sur son chemin. Tante Polly entra juste à temps pour le voir exécuter quelques doubles sauts périlleux, pousser un dernier et puissant hourra, et s&#8217;élancer par la fenêtre en emportant avec lui le reste des pots de fleurs. La vieille femme resta pétrifiée, regardant la scène par-dessus ses lunettes. Tom était allongé sur le plancher, pouffant de rire. &#8220;Tom, vas-tu me dire ce qui est arrivé à ce chat ? &#8211; Je n&#8217;en sais rien, ma tante ! haleta le jeune garçon. &#8211; Je ne l&#8217;ai jamais vu ainsi. Il est fou. Qu&#8217;est-ce qui l&#8217;a mis dans cet état ? &#8211; Je ne sais pas. Les chats sont toujours comme ça quand ils s&#8217;amusent. &#8211; Ah ! vraiment ?&#8221;. Le ton employé par sa tante rendit Tom plus prudent. &#8220;Oui, ma tante. Je crois bien que&#8230; &#8211; Ah ! tu crois ! &#8211; Oui, ma&#8230;&#8221;. Tante Polly se pencha. Tom l&#8217;observait avec un intérêt qu&#8217;augmentait l&#8217;anxiété. Il devina trop tard la signification de son geste. Le manche de la cuillère indiscrète dépassait de dessous le lit. Tante Polly s&#8217;en saisit et l&#8217;éleva au jour. Le visage de Tom se crispa, il baissa les yeux. Tante Polly souleva son neveu par la &#8220;poignée&#8221; prévue à cet effet : son oreille. &#8220;Et maintenant, Monsieur, fit-elle en administrant à Tom un coup de dé sur la tête, allez-vous me dire pourquoi vous avez fait prendre cette potion au chat ? &#8211; Parce que j&#8217;ai eu pitié de lui, il n&#8217;avait pas de tante. &#8211; Pas de tante ? Espèce de nigaud. Qu&#8217;est-ce que cela veut dire ? &#8211; Des tas de choses ! Parce que s&#8217;il avait eu une tante, elle l&#8217;aurait brûlé elle-même. Elle lui aurait rôti les boyaux sans plus de pitié que s&#8217;il avait été un garçon&#8221;. Tante Polly se sentit brusquement mordue pas le remords. Ce qui était cruel pour un chat l&#8217;était peut-être aussi pour un enfant. Elle se radoucit, regrettant son geste. Ses yeux s&#8217;embuèrent de larmes. Elle caressa les cheveux de Tom. &#8220;Je voulais te faire du bien, te guérir, mon petit Tom. Et tu sais que cette médecine t&#8217;a vraiment réussi. &#8211; Je sais que tu étais remplie de bonnes intentions, répondit Tom avec un regard malicieux. C&#8217;est comme moi avec Peter. Je lui ai fait du bien, moi aussi. Je ne l&#8217;ai jamais vu aussi gai depuis&#8230; &#8211; Allez, décampe, Tom, avant que je ne me remette en colère. Si tu deviens un bon garçon, je ne te ferai plus prendre de remèdes&#8221;. Tom arriva en avance à l&#8217;école. Ce phénomène étrange se produisait d&#8217;ailleurs fort régulièrement depuis quelques jours. Selon sa nouvelle habitude, il alla se poster près de l&#8217;entrée de la cour et refusa de jouer avec ses camarades. Il déclara qu&#8217;il était malade, et il en avait l&#8217;air. Il essaya de prendre une attitude dégagée, mais ses yeux fixaient obstinément la route. Jeff Thatcher s&#8217;approcha et le visage de Tom s&#8217;éclaira. Il s&#8217;arrangea pour lui demander d&#8217;une manière détournée des nouvelles de la cousine Becky, mais l&#8217;étourdi ne mordit pas à l&#8217;hameçon. Chaque fois qu&#8217;une robe apparaissait au loin, le coeur de Tom se mettait à battre, hélas ! chaque fois, il lui fallait déchanter. Bientôt, plus aucune robe ne se montra et, de guerre lasse, Tom alla s&#8217;asseoir dans la classe vide pour y remâcher sa douleur. Alors une autre robe encore franchit la porte de la cour. Tom se sentit inondé de joie. Il se rua dehors. Riant, criant, glapissant comme un Indien, il se précipita sur ses camarades, les bouscula, sauta par-dessus une barrière au risque de se rompe les os, se tint sur les mains, sur la tête, se livra aux fantaisies les plus périlleuses qu&#8217;il pût imaginer et ne cessa de regarder du côté de Becky Thatcher pour s&#8217;assurer qu&#8217;elle le voyait bien. Par malheur, elle semblait ne s&#8217;apercevoir de rien. Elle ne lui adressa pas le moindre regard. Etait-il possible qu&#8217;elle n&#8217;eût point remarqué sa présence ? Il s&#8217;approcha sans cesser de gambader, tournoya autour de la petite en lançant un cri de guerre, s&#8217;empara du chapeau d&#8217;un élève, le lança sur le toit de l&#8217;école sur un groupe de garçons qu&#8217;il envoya promener dans toutes les directions et vint s&#8217;étaler de tout son long aux pieds de Becky qu&#8217;il faillit même renverser. La petite leva le nez vers le ciel et Tom l&#8217;entendit murmurer : &#8220;Peuh ! Il y en a qui se croient très malins&#8230; Ils sont toujours en train de faire les imbéciles !&#8221;. Les joues en feu, Tom se releva et s&#8217;éloigna, anéanti.</em></span></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/33/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/33/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/33/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=33&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/08/tom-sawyer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/200/Tom.jpg" medium="image" />

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/200/visuel_tom_sawyer.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>How becoming a real princess&#8230;</title>
		<link>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/03/how-becoming-a-real-princess/</link>
		<comments>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/03/how-becoming-a-real-princess/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 03 Sep 2006 23:58:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rozenn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extraits de mes livres préférés]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://rozenn.wordpress.com/2006/09/03/how-becoming-a-real-princess/</guid>
		<description><![CDATA[
Sara&#8230;

Once on a dark winter&#8217;s day, when the yellow fog hung so thick and heavy in the streets of London that the lamps were lighted and the shop windows blazed with gas as they do at night, an odd-looking little girl sat in a cab with her father and was driven rather slowly through the [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=32&subd=rozenn&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/1600/saratitl.1.jpg"><img border="0" src="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/saratitl.1.jpg" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color:#33ccff;"><strong>Sara&#8230;<br />
</strong></span><br />
<em><span style="font-size:130%;color:#cc33cc;font-family:times new roman;">Once on a dark winter&#8217;s day, when the yellow fog hung so thick and heavy in the streets of London that the lamps were lighted and the shop windows blazed with gas as they do at night, an odd-looking little girl sat in a cab with her father and was driven rather slowly through the big thoroughfares.She sat with her feet tucked under her, and leaned against her father, who held her in his arm, as she stared out of the window at the passing people with a queer old-fashioned thoughtfulness in her big eyes.</p>
<p>She was such a little girl that one did not expect to see such a look on her small face. It would have been an old look for a child of twelve, and Sara Crewe was only seven.<br />
</span></em></p>
<p align="justify"><em><span style="font-size:130%;color:#cc33cc;font-family:times new roman;">The fact was, however, that she was always dreaming and thinking odd things and could not herself remember any time when she had not been thinking things about grown-up people and the world they belonged to. She felt as if she had lived a long, long time.At this moment she was remembering the voyage she had just made from Bombay with her father, Captain Crewe. She was thinking of the big ship, of the Lascars passing silently to and fro on it, of the children playing about on the hot deck, and of some young officers&#8217; wives who used to try to make her talk to them and laugh at the things she said.</p>
<p>Principally, she was thinking of what a queer thing it was that at one time one was in India in the blazing sun, and then in the middle of the ocean, and then driving in a strange vehicle through strange streets where the day was as dark as the night. She found this so puzzling that she moved closer to her father.</p>
<p>&#8220;Papa,&#8221; she said in a low, mysterious little voice which was almost a whisper, &#8220;papa.&#8221;</p>
<p>&#8220;What is it, darling?&#8221; Captain Crewe answered, holding her closer and looking down into her face. &#8220;What is Sara thinking of?&#8221;</p>
<p>&#8220;Is this the place?&#8221; Sara whispered, cuddling still closer to him. &#8220;Is it, papa?&#8221;</p>
<p>&#8220;Yes, little Sara, it is. We have reached it at last.&#8221; And though she was only seven years old, she knew that he felt sad when he said it.</p>
<p>It seemed to her many years since he had begun to prepare her mind for &#8220;the place,&#8221; as she always called it. Her mother had died when she was born, so she had never known or missed her. Her young, handsome, rich, petting father seemed to be the only relation she had in the world. They had always played together and been fond of each other. She only knew he was rich because she had heard people say so when they thought she was not listening, and she had also heard them say that when she grew up she would be rich, too. She did not know all that being rich meant. She had always lived in a beautiful bungalow, and had been used to seeing many servants who made salaams to her and called her &#8220;Missee Sahib,&#8221; and gave her her own way in everything. She had had toys and pets and an ayah who worshipped her, and she had gradually learned that people who were rich had these things. That, however, was all she knew about it.</p>
<p>During her short life only one thing had troubled her, and that thing was &#8220;the place&#8221; she was to be taken to some day. The climate of India was very bad for children, and as soon as possible they were sent away from it &#8212; generally to England and to school. She had seen other children go away, and had heard their fathers and mothers talk about the letters they received from them. She had known that she would be obliged to go also, and though sometimes her father&#8217;s stories of the voyage and the new country had attracted her, she had been troubled by the thought that he could not stay with her.</p>
<p>&#8220;Couldn&#8217;t you go to that place with me, papa?&#8221; she had asked when she was five years old. &#8220;Couldn&#8217;t you go to school, too? I would help you with your lessons.&#8221;</p>
<p>&#8220;But you will not have to stay for a very long time, little Sara,&#8221; he had always said. &#8220;You will go to a nice house where there will be a lot of little girls, and you will play together, and I will send you plenty of books, and you will grow so fast that it will seem scarcely a year before you are big enough and clever enough to come back and take care of papa.&#8221;</p>
<p>She had liked to think of that. To keep the house for her father; to ride with him, and sit at the head of his table when he had dinner parties; to talk to him and read his books &#8212; that would be what she would like most in the world, and if one must go away to &#8220;the place&#8221; in England to attain it, she must make up her mind to go. She did not care very much for other little girls, but if she had plenty of books she could console herself. She liked books more than anything else, and was, in fact, always inventing stories of beautiful things and telling them to herself. Sometimes she had told them to her father, and he had liked them as much as she did.</p>
<p>&#8220;Well, papa,&#8221; she said softly, &#8220;if we are here I suppose we must be resigned.&#8221;</p>
<p>He laughed at her old-fashioned speech and kissed her. He was really not at all resigned himself, though he knew he must keep that a secret. His quaint little Sara had been a great companion to him, and he felt he should be a lonely fellow when, on his return to India, he went into his bungalow knowing he need not expect to see the small figure in its white frock come forward to meet him. So he held her very closely in his arms as the cab rolled into the big, dull square in which stood the house which was their destination.</p>
<p>It was a big, dull, brick house, exactly like all the others in its row, but that on the front door there shone a brass plate on which was engraved in black letters:</p>
<p>MISS MINCHIN,</p>
<p>Select Seminary for Young Ladies.</p>
<p>&#8220;Here we are, Sara,&#8221; said Captain Crewe, making his voice sound as cheerful as possible. Then he lifted her out of the cab and they mounted the steps and rang the bell. Sara often thought afterward that the house was somehow exactly like Miss Minchin. It was respectable and well furnished, but everything in it was ugly; and the very armchairs seemed to have hard bones in them. In the hall everything was hard and polished &#8212; even the red cheeks of the moon face on the tall clock in the corner had a severe varnished look. The drawing room into which they were ushered was covered by a carpet with a square pattern upon it, the chairs were square, and a heavy marble timepiece stood upon the heavy marble mantel.</p>
<p>As she sat down in one of the stiff mahogany chairs, Sara cast one of her quick looks about her.</p>
<p>&#8220;I don&#8217;t like it, papa,&#8221; she said. &#8220;But then I dare say soldiers &#8212; even brave ones &#8212; don&#8217;t really like going into battle.&#8221;</p>
<p>Captain Crewe laughed outright at this. He was young and full of fun, and he never tired of hearing Sara&#8217;s queer speeches.</p>
<p>&#8220;Oh, little Sara,&#8221; he said. &#8220;What shall I do when I have no one to say solemn things to me? No one else is as solemn as you are.&#8221;</p>
<p>&#8220;But why do solemn things make you laugh so?&#8221; inquired Sara.</p>
<p>&#8220;Because you are such fun when you say them,&#8221; he answered, laughing still more. And then suddenly he swept her into his arms and kissed her very hard, stopping laughing all at once and looking almost as if tears had come into his eyes.</p>
<p>It was just then that Miss Minchin entered the room. She was very like her house, Sara felt: tall and dull, and respectable and ugly. She had large, cold, fishy eyes, and a large, cold, fishy smile. It spread itself into a very large smile when she saw Sara and Captain Crewe. She had heard a great many desirable things of the young soldier from the lady who had recommended her school to him. Among other things, she had heard that he was a rich father who was willing to spend a great deal of money on his little daughter.</p>
<p>&#8220;It will be a great privilege to have charge of such a beautiful and promising child, Captain Crewe,&#8221; she said, taking Sara&#8217;s hand and stroking it. &#8220;Lady Meredith has told me of her unusual cleverness. A clever child is a great treasure in an establishment like mine.&#8221;</p>
<p>Sara stood quietly, with her eyes fixed upon Miss Minchin&#8217;s face. She was thinking something odd, as usual.</p>
<p>&#8220;Why does she say I am a beautiful child?&#8221; she was thinking. &#8220;I am not beautiful at all. Colonel Grange&#8217;s little girl, Isobel, is beautiful. She has dimples and rose-colored cheeks, and long hair the color of gold. I have short black hair and green eyes; besides which, I am a thin child and not fair in the least. I am one of the ugliest children I ever saw. She is beginning by telling a story.&#8221;</p>
<p>She was mistaken, however, in thinking she was an ugly child. She was not in the least like Isobel Grange, who had been the beauty of the regiment, but she had an odd charm of her own. She was a slim, supple creature, rather tall for her age, and had an intense, attractive little face. Her hair was heavy and quite black and only curled at the tips; her eyes were greenish gray, it is true, but they were big, wonderful eyes with long, black lashes, and though she herself did not like the color of them, many other people did. Still she was very firm in her belief that she was an ugly little girl, and she was not at all elated by Miss Minchin&#8217;s flattery.</p>
<p>&#8220;I should be telling a story if I said she was beautiful,&#8221; she thought; &#8220;and I should know I was telling a story. I believe I am as ugly as she is &#8212; in my way. What did she say that for?&#8221;</p>
<p>After she had known Miss Minchin longer she learned why she had said it. She discovered that she said the same thing to each papa and mamma who brought a child to her school.</p>
<p>Sara stood near her father and listened while he and Miss Minchin talked. She had been brought to the seminary because Lady Meredith&#8217;s two little girls had been educated there, and Captain Crewe had a great respect for Lady Meredith&#8217;s experience. Sara was to be what was known as &#8220;a parlor boarder,&#8221; and she was to enjoy even greater privileges than parlor boarders usually did. She was to have a pretty bedroom and sitting room of her own; she was to have a pony and a carriage, and a maid to take the place of the ayah who had been her nurse in India.</p>
<p>&#8220;I am not in the least anxious about her education,&#8221; Captain Crewe said, with his gay laugh, as he held Sara&#8217;s hand and patted it. &#8220;The difficulty will be to keep her from learning too fast and too much. She is always sitting with her little nose burrowing into books. She doesn&#8217;t read them, Miss Minchin; she gobbles them up as if she were a little wolf instead of a little girl. She is always starving for new books to gobble, and she wants grown-up books &#8212; great, big, fat ones &#8212; French and German as well as English &#8212; history and biography and poets, and all sorts of things. Drag her away from her books when she reads too much. Make her ride her pony in the Row or go out and buy a new doll. She ought to play more with dolls.&#8221;</p>
<p>&#8220;Papa,&#8221; said Sara, &#8220;you see, if I went out and bought a new doll every few days I should have more than I could be fond of. Dolls ought to be intimate friends. Emily is going to be my intimate friend.&#8221;</p>
<p>Captain Crewe looked at Miss Minchin and Miss Minchin looked at Captain Crewe.</p>
<p>&#8220;Who is Emily?&#8221; she inquired.</p>
<p>&#8220;Tell her, Sara,&#8221; Captain Crewe said, smiling.</p>
<p>Sara&#8217;s green-gray eyes looked very solemn and quite soft as she answered.</p>
<p>&#8220;She is a doll I haven&#8217;t got yet,&#8221; she said. &#8220;She is a doll papa is going to buy for me. We are going out together to find her. I have called her Emily. She is going to be my friend when papa is gone. I want her to talk to about him.&#8221;</p>
<p>Miss Minchin&#8217;s large, fishy smile became very flattering indeed.</p>
<p>&#8220;What an original child!&#8221; she said. &#8220;What a darling little creature!&#8221;</p>
<p>&#8220;Yes,&#8221; said Captain Crewe, drawing Sara close. &#8220;She is a darling little creature. Take great care of her for me, Miss Minchin.&#8221;</p>
<p></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:130%;color:#cc33cc;font-family:times new roman;"></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:130%;color:#cc33cc;font-family:times new roman;"></span></em></p>
<p><span style="font-size:130%;color:#cc33cc;font-family:times new roman;"><em>Francis H. Burnett,</em> Little Princess<em>, 1905.</em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p></span></p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/rozenn.wordpress.com/32/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/rozenn.wordpress.com/32/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/rozenn.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/rozenn.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/rozenn.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/rozenn.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/rozenn.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/rozenn.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/rozenn.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/rozenn.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/rozenn.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/rozenn.wordpress.com/32/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=rozenn.wordpress.com&blog=443783&post=32&subd=rozenn&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://rozenn.wordpress.com/2006/09/03/how-becoming-a-real-princess/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/ce8f1e906f952038254007854c469384?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">Sleepy</media:title>
		</media:content>

		<media:content url="http://photos1.blogger.com/blogger/2346/3354/400/saratitl.1.jpg" medium="image" />
	</item>
	</channel>
</rss>